Sexisme en politique: notre «MachoScope» 2011-2017

Mediapart a lancé son « MachoScope » pour recenser le sexisme en politique. Dernière mise à jour le 5 octobre, avec la parité au Front national et la polémique autour de Claudine Kauffmann.

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« Cot cot cot codec. » Les cris de poule poussés par un député UMP en octobre 2013 pendant une intervention de la députée EELV Véronique Massonneau à l'Assemblée nationale ont suscité une vive polémique. Enfin. Car le Parlement donne le spectacle du sexisme ordinaire, parfois crasse. Et que rien (ou presque) ne change. En octobre 2013, Mediapart a donc lancé son « MachoScope », qui recense le sexisme à tous les échelons envers les femmes politiques – à l'Assemblée, au Sénat, au gouvernement, mais aussi dans les collectivités locales (conseils généraux, conseils municipaux, réunions politiques, etc.) et dans les médias – lire aussi en Boîte noire.

2017

5 octobre

Le départ de David Rachline au Sénat a mis au jour une affaire qui pose, à nouveau, la question de la place des femmes et du respect de la parité au Front national. Non-cumul des mandats oblige, le maire de Fréjus a abandonné son siège de sénateur, récupéré par sa deuxième de liste, Claudine Kauffmann. Puis celle-ci a invoqué des problèmes de santé pour laisser sa place au troisième de liste, Frédéric Boccaletti, patron du FN dans le Var. Avant finalement de se battre pour conserver son mandat.

Aujourd'hui suspendue du parti après avoir comparé les migrants à l’Occupation nazie, l'élue s'exprime sur les véritables raisons qui l'auraient poussée à lâcher son mandat de sénatrice. Elle a affirmé au Monde qu'il s'agissait en réalité de « [se] protéger » après avoir reçu des menaces. « J’étais menacée par les sbires de M. Boccaletti, on a menacé de me taper dessus, a-t-elle expliqué. Je lui ai fait croire que je voulais me retirer, il l’a cru jusqu’au bout. » La sénatrice ajoute qu'on lui a « même proposé une somme d’argent pour [se] retirer ». De son côté, Frédéric Boccaletti jure n'y être « pour rien » et incite l'élue à donner « les noms de ces sbires » et « déposer plainte ». Il explique avoir seulement « proposé » à Claudine Kauffmann « d’être [son] attachée parlementaire en local ».

Ce n'est en tout cas pas la première fois que le Front national fait face à des problèmes autour de la démission d'élues laissant leurs places à des cadres du parti. En 2014, Joëlle Bergeron, tout juste élue eurodéputée, avait quitté le parti après avoir refusé de laisser son siège à Gilles Pennelle, pilier du FN en Bretagne. Également élue députée européenne, Jeanne Pothain avait laissé son siège à Philippe Loiseau, patron du FN dans la région Centre. Là encore, officiellement, en raison de problèmes de santé. Un an plus tard, aux élections régionales, Nathalie Betegnies laissait elle aussi son siège de conseillère régionale d’Île-de-France pour raisons de santé, au profit du suivant de liste, Axel Loustau, un très proche de Marine Le Pen, et trésorier de son micro-parti.

27 juin

C'est la rentrée à l'Assemblée nationale. Le nouveau pouvoir n'échappe pas à la traditionnelle préférence masculine : après avoir renoncé à un ministère des droits des femmes, et à nommer une femme à Matignon, Emmanuel Macron a finalement encore choisi un homme pour présider la nouvelle Assemblée, où pourtant la parité a progressé (38 %). C'est François de Rugy qui a été préféré à ses concurrentes. De quoi provoquer des explications tordues de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, interrogé par Quotidien :

« Comme quoi je peux avoir des préférences à titre personnel, et être déçu. Et ça m'arrive souvent dans ma vie privée d'avoir ce genre d'espérances avec les femmes et d'être déçu. »

Le 7 juin, Castaner avait été interrogé sur la parité dans les cabinets ministériels ou la haute administration. Il s'était déjà embourbé dans les explications sur l'absence de parité à l'Élysée, comme le rappelle Slate :

« Il nous faut être vigilant sur toutes les nominations (....). Les recrutements ne se font pas en fonction des sexes, ils se font en fonction de la qualité des personnes. (...) Et donc il y a évidemment des femmes de qualité qui doivent rejoindre les cabinets ministériels. »

Quant au député des Français de l'étranger, Meyer Habib, interrogé par Quotidien sur sa préférence pour son/sa voisin-e sur les bancs de l'Assemblée, il a rétorqué, avant de rire : « Une jolie fille ».

17 juin

François Rochebloine est un député UDI battu après vingt-neuf ans de vie politique, par une candidate du mouvement d'Emmanuel Macron. Manifestement, il ne digère pas la défaite : non seulement la gagnante du scrutin, Valéria Faure-Muntian, n'est pas compétente, mais en plus c'est une femme… Qui va donc s'occuper de la « lessive » et des « enfants à l'école » quand lui avait « une épouse » ?

C'est ce que François Rochebloine a expliqué à France Bleu Saint-Étienne Loire : « Le problème c’est sa compétence [Valéria Faure-Muntian – ndlr], j’ai eu l’occasion de débattre à quatre reprises avec elle, ce n’est pas la compétence qui a gagné, désolé de le dire comme ça, même si elle a l’air très agréable. J’étais disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an au détriment de ma vie familiale. Je ne pense pas qu’elle aura le temps de faire sa lessive et d’emmener ses enfants à l’école, comme elle m’a dit qu’elle était une personne normale, moi aussi je l’étais et j’avais une chance d’avoir une épouse qui m’a bien accompagné… »

20 mai

Si Marine Le Pen fait aujourd'hui mine de se poser en défenseure des droits des femmes, une partie du Front national vit encore à l'âge de pierre. Exemple ce 20 mai avec cette déclaration sur Facebook de Frédéric Chatillon, son vieil ami devenu prestataire de communication, et au cœur de l'organisation des campagnes du Front national. Chatillon réclame une « journée de la virilité » « pour que les hommes soient de nouveau capables de prendre la défense des femmes »« Vive les vrais hommes ! », s'exclame-t-il.

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15 mai

C'est par des propos sexistes visant Brigitte Macron que Silvio Berlusconi a analysé l'élection du nouveau président de la République français. « On a un garçon de 39 ans [...] avec une jolie maman qui l’a porté dans ses bras quand il était encore enfant », a déclaré l'ancien chef du gouvernement italien, lors d'un déplacement pour soutenir son parti Forza Italia.

10 mai

Gilbert Collard ne s'arrête jamais : c'est sa troisième apparition dans le MachoScope de Mediapart avec, cette fois, son commentaire sur l'annonce du retrait, du moins provisoire, de Marion Maréchal-Le Pen. La députée avait expliqué qu'une des raisons présidant à son choix était sa fille de 3 ans. Mais son collègue va plus loin et suggère qu'on peut conjuguer vie familiale et vie politique, à la seule condition de ne pas trop aimer ses enfants, comme l'a souligné Le Lab

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9 mai

LR présente ses candidats dans le Haut-Rhin : sur la photo, six hommes et six femmes. Une apparence de parité. Sauf que les femmes sont toutes suppléantes, et les hommes tous titulaires. Pourtant, comme le rappelle France 3 Grand Ouest, LR avait dans le département une occasion de féminiser ses représentants : 3 des 6 députés sortants ne se représentaient pas… Évidemment, pour le député et candidat à sa succession, Éric Straumann, ce choix est uniquement le fruit du « hasard ». Une suppléante, Denise Buhl, commente : « On arrive en second plan mais on arrive doucement mais sûrement… Ils sont trop ancrés encore dans un système qui leur est totalement dévolu. » On ne saurait mieux dire.

27 avril

Interrogé sur LCI au sujet des militants frontistes qui ont distribué des croissants et des tracts aux salariés de Whirlpool, le député Gilbert Collard a réagi par l'insulte, en expliquant que les ouvriers n'étaient « pas des putes » : « Depuis quand achète-t-on des militants, des ouvriers, avec des croissants ? Il [Macron – ndlr] va aller jusqu'où dans l'insulte envers le monde ouvrier ? Il ne sait pas ce que c'est un homme qui travaille ? Il se fait quelle idée du monde du travail ? Ce ne sont pas des putes comme les banquiers ! », a-t-il lancé.

23 avril

C'est la soirée électorale sur BFM-TV. Il est bientôt minuit et sur le plateau, Cécile Duflot rejoint le secrétaire d'État Jean-Marie Le Guen et l'ancien ministre Éric Woerth. L'écologiste et le socialiste sont d'accord sur à peu près rien – ce n'est pas nouveau. Mais quand Cécile Duflot commence à parler, Le Guen ne peut se contenir : il l'interrompt à plusieurs reprises. Le journaliste intervient : « Laissez Cécile Duflot terminer, s'il vous plaît. » Il recommence, rejoint par Éric Woerth. « Vous êtes deux, vous pouvez me couper la parole à deux. Je vais terminer, s'il vous plaît. » Woerth rit : « Non, on n'est pas deux… » « Elle veut dire qu'on est deux chauves ! », renchérit Le Guen en se marrant avec son collègue LR. Le journaliste intervient de nouveau : « Si vous faites silence tous les deux pour laisser terminer Cécile Duflot, ce sera bienvenu. » Duflot reprend en s'excusant de sa « minute féministe » : « Les femmes sont toujours interrompues. » Woerth aussitôt : « Ah ça, c'est le truc classique ! » Le Guen se marre (à voir ici à partir de 50').

21 avril

François Fillon participe, avec ses 10 concurrents, à l'émission politique de France 2 consacrée à la présidentielle. Interrogé par la journaliste Léa Salamé sur son projet pour la Sécurité sociale, le candidat LR fait allusion à sa grossesse récente pour insinuer qu'elle n'aurait pas eu le temps de bien suivre l'évolution de son projet. 

« Je comprends que vous me posiez cette question, parce que vous avez été absente quelque temps et je me permets de vous en féliciter. Mais j’ai déjà répondu vingt fois (…) à la question », glisse François Fillon, en préambule. 

19 avril

Jean Lassalle jouit d’une image sympathique, en complet décalage avec sa pratique de député (lire l’enquête d’Antton Rouget) et avec son attitude envers les femmes. En 2009, « Le Petit journal » sur Canal + en avait fait la démonstration en filmant le Pyrénéen au Salon de l’agriculture : il avait alors parlé de sa « cochonne préférée », « [son] épouse ».

Le 19 avril, lors d’un reportage de « Quotidien » sur TMC, il a aussi étalé son sexisme ordinaire, notamment lors de cette scène avec une jeune femme, qui finit par dire devant la caméra : « Ah, mais il ne me lâche plus ! »

Plus généralement, les droits des femmes ne l’intéressent pas. Son activité parlementaire en témoigne. Dans un entretien récent à Sciences et avenir, à une question sur l’inégal accès aux sciences des femmes et des hommes, Lassalle esquive et glisse, entre autres : « Je serais heureux que tous les élèves découvrent la vie de la ferme, apprennent à planter comme à arracher, à traire la vache ou à brosser le cheval et pourquoi pas… à tuer une poule. »

Dans son programme, Lassalle se contente d’évoquer un meilleur accueil des femmes victimes de violences dans les commissariats, le financement de familles d’accueil pour les recevoir, et l’organisation « en haltes-garderies des activités pour les mamans ».

4 avril

Comme l'a relevé notre confrère de l'AFP Guillaume Daudin, un cadre du Front national s'est laissé aller lors du grand débat avec les 11 candidats, sur BFMTV, à des insultes à l'encontre des deux journalistes. Sur Twitter, Jean-Yves Narquin s'en est pris à de nombreuses reprises à Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, qui animaient l'échange, les qualifiant notamment de « pintades ». Le nom du maire de Villedieu-le-Château (Loir-et-Cher) était apparu dans la presse en 2014 dans une affaire d'abandon de famille par non-paiement d'une pension alimentaire.

Après notre mention dans le « Machoscope », l'élu FN a déclaré que c'était un « honneur » d'y figurer:

23 mars

Le Figaro relaie des soutiens à Benoît Hamon parmi les actrices. Il n'est question ni de choix politique ni même de réflexion, mais d'un choix affectif avec ce titre :

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20 mars

La présentatrice de TF1 Audrey Crespo-Mara a annoncé qu'elle allait porter plainte pour injure publique contre Thibault Estadieu, maire de La Salvetat-sur-Agout (Hérault), qui l'a insultée sur Facebook après une altercation en plateau entre la journaliste et Nicolas Dupont-Aignan. En cause, les commentaires postés sur Facebook par l'élu et publiés par Le Parisien :

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Selon Le Midi Libre, il avait également écrit dans des commentaires supplémentaires, supprimés depuis, qu'elle « n’a qu’à aller se prostituer ailleurs ».

À partir du 25 janvier

L'affaire Fillon, parfois surnommée « Penelope gate », est l'occasion de nombreuses sorties sexistes, ou fleurant bon le paternalisme. 

Le 3 février, le député LR Jacques-Alain Bénisti tente de défendre le candidat de la droite : « C’est de l’attaque à charge. Quand le président de la République Hollande a embauché comme ministre sa conjointe – personne n’a rien dit – avec un salaire de 10 000 euros par mois… » Cela n'a évidemment rien à voir : ministre n'est pas un emploi mais une fonction ; Ségolène Royal n'est plus la compagne de François Hollande ; elle avait déjà été ministre et candidate à la présidentielle. Elle n'est donc pas réductible à la « femme de » ou « l'ex-femme de ».

Dans les rangs du PS, Julien Dray a lui aussi soulevé des réactions indignées en lançant : « Je vais être provocateur : François Fillon dirait à tout le monde “Elle ne faisait que repasser mes pantalons”, qu'on ne pourrait rien lui reprocher. »

19 janvier

Sylvia Pinel est la seule femme candidate à la primaire du PS. Lors du troisième débat télévisé, la cheffe de file des Radicaux de gauche a subi un épisode classique de « manterrupting » – ce phénomène qui désigne les interruptions répétées des femmes par des hommes.

Quelques minutes plus tôt, les sept candidats avaient été interrogés sur le choix de leur directeur de campagne :

3 janvier

Arnaud Montebourg tente de se justifier d'une de ses nouvelles « maladresses » : le candidat, finalement battu à la primaire, s'est à plusieurs reprises illustré par des remarques sexistes. Ainsi, le 7 décembre sur France Info, il avait oublié la seule femme présente sur le plateau, la journaliste Fabienne Sintes :

« J’étais gêné et c’était une maladresse de ma part », a finalement convenu Montebourg. À l'été 2014, l’ex-ministre de l’économie avait déjà évoqué une journaliste femme en ces termes : « Elle est comme ça tout le temps la p'tite ? » Le 5 décembre 2016, il s'est aussi emmêlé les pinceaux sur le faible nombre de femmes à la primaire du PS : « C’est mieux quand il y a une ou plusieurs femmes. Cela d’abord change l’atmosphère. Nous en avons eu deux à la dernière primaire, ni l’une ni l’autre ne l’ont emporté. »

2016

22 novembre

Elle n’avait « pas du tout envie de ramener ça dans le débat aujourd’hui » mais interrogée par France Info, Nathalie Kosciusko-Morizet a confirmé que François Fillon, favori de la primaire de la droite et du centre après le premier tour, lui avait refusé un poste de ministre parce qu’elle était enceinte. « Cet épisode est vrai. (...) C’est quelque chose qui m’est arrivé à chacune de mes grossesses. C’est un problème de la société française, que l’on n’aime pas retrouver dans le monde politique », a expliqué la députée LR, qui a récolté 2,6 % des voix et qui soutient Alain Juppé pour le second tour. NKM a précisé : « Il l’avait regretté. Il me l’avait dit. »

3 novembre

Dans Le Point, le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, le socialiste François Kalfon, est ainsi cité :

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Des propos qu'il a démentis sur Twitter :

Au passage, la journaliste du Point fait d'étranges références, à l'ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti qui aurait pris le contrôle du cerveau de Montebourg, et à l'ancienne compagne du candidat à la primaire, la journaliste Audrey Pulvar :

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À notre connaissance, Audrey Pulvar a été intronisée, en 2010, au grade de chevalier de la confrérie des poulardiers de Bresse. Elle n'a jamais été élue « belle poule de Bresse » à la demande de Montebourg.

2 novembre

La ministre du logement Emmanuelle Cosse souligne sur Twitter qu'elle est appelée « brave fille » dans un article du Figaro :

19 octobre

En meeting à Villiers-sur-Marne, l'ancien premier ministre François Fillon a attaqué François Hollande dans le dossier Notre-Dame-des-Landes avec des propos machistes : « Il n’est pas foutu d'arbitrer entre son ancienne épouse et le Premier ministre ! » Dimanche, Ségolène Royal avait estimé qu’il valait « mieux arrêter les frais » à Notre-Dame-des-Landes. Mais le candidat à la primaire préfère résumer la ministre de l'écologie (et ancienne candidate à la présidentielle) à son statut d'ex-femme de François Hollande. Une phrase jugée « extrêmement choquante » par Cécile Duflot : « Ségolène Royal est ministre de l’écologie, donc on peut avoir un débat politique. Mais la ramener à un statut conjugal, je trouve ça d’une misogynie crasse. » Le même François Fillon avait pourtant insisté, en mai dernier, dans le Journal du dimanche, sur la nécessité de combattre sexisme et harcèlement :

15 octobre

« En même temps en arrivant toute refaite et à moitié nue… ». C’est par ce tweet que la sénatrice et maire UDI de Cerdon (Ain), Sylvie Goy-Chavent, a réagi à l'agression de Soraya Riffi dans l’émission de Cyril Hanouna « Les 35 heures de Baba », sur C8. En plein direct, le chroniqueur Jean-Michel Maire avait embrassé le sein de la jeune femme de 21 ans, sans son consentement. L'élue centriste, dans ce tweet, réagissait à l'article de l'Express intitulé « Soraya agressée en direct sur C8 : je suis un être humain, pas un objet »Ce tweet a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. L'élue l'a effacé trois minutes après l'avoir posté, comme le relève Le Lab, puis a évoqué une « réaction trop rapide ».

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6 octobre

Emmanuel Macron tenait le 4 octobre un meeting à Strasbourg, accompagnée de sa femme, Brigitte Macron. Questionnée par les journalistes sur son « rôle » dans la campagne, Mme Macron, qui a quitté il y a un an son travail de professeure de français pour se consacrer à la vie politique de son mari, a fait une étonnante réponse : « Vous avez toujours l'air étonnés que les épouses soient à côté de leur mari, il serait temps d'évoluer un peu, c'est notre place. »

5 octobre

Scène de la vie quotidienne à l'Assemblée nationale, racontée par la journaliste du Monde Hélène Bekmezian, à propos de la ministre de l'écologie Ségolène Royal et des députés Jacques Myard (LR) et Philippe Vigier (président du groupe UDI) : 

9 septembre

Candidat à la primaire LR, Geoffroy Didier n'a pas réuni le nombre de parrainages suffisants pour se présenter. Mécontent, le conseiller régional d'Île-de-France s'en est pris sur Public Sénat – Sud Radio à… Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a elle obtenu un nombre de soutiens suffisant. L'élu lui reproche implicitement d'avoir usé de l'argument qu'il serait dommage qu'aucune femme ne puisse être candidate à la primaire :

« Moi j'ai trop de respect pour Nathalie Kosciusko-Morizet pour la réduire à sa seule condition féminine. Et j'estime qu'être femme ne suffit pas pour réussir. Vous, Véronique Jacquet [journaliste de Sud Radio – ndlr], si vous êtes à ce micro ce matin, c'est parce que vous êtes talentueuse. Ce n'est pas parce qu'on a subi tout à coup la discrimination positive. »

« Je pense qu’un débat où il y a cinq, six, sept hommes, ce n’est pas un furieux signal de modernité », avait souligné quelques jours plus tôt Nathalie Kosciusko-Morizet sur BFMTV en prenant soin de préciser que « ce n’est pas le premier argument » qu’elle souhaitait mettre en avant. Comme le Lab d'Europe 1 le rappelle, Geoffroy Didier avait lui fait de sa jeunesse un argument de campagne.

4 septembre

Lorsque Nicolas Sarkozy s'exprime à la tribune du campus LR (ex-UMP) de La Baule, sur « l'émancipation de la femme », pas une femme ne figure derrière lui. Sur la trentaine d’intervenants prévus à ce campus, seules trois femmes ont été conviées à s’exprimer à la tribune. Mais cela n'a pas empêché Bruno Le Maire de marteler dans son discours qu'« en France, les femmes sont visibles, les femmes sont visibles ! Et elles n’ont pas vocation à être dissimulées ».

La droite est loin d'avoir le monopole du sexisme et des clichés, mais la rentrée a tout de même été l'occasion de plusieurs remarques sexistes. Ainsi, le député LR (ex-UMP) Luc Chatel a estimé que la France était « le pays de la libération de la femme » et celui « qui a inventé la mini-jupe », donc « on ne peut pas accepter qu'on cache des femmes derrière des burqas et des burkinis ». Son collègue Éric Woerth a lui balayé le sujet du faible nombre de femmes à LR en assurant qu’« il y a beaucoup de femmes qui entourent les candidats ». Étonnant dans un moment où le parti fait mine de s'emparer de la question de l’égalité entre les femmes et les hommes (lire l'article d'Ellen Salvi sur le féminisme à géométrie variable de la droite)

30 août

« Marianne a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple, elle n'est pas voilée parce qu'elle est libre ! C'est ça, la République ! », a lancé Manuel Valls lors d'un meeting à Colomiers, dénonçant sans les nommer le voile et le burkini. Mathilde Larrère, historienne spécialiste des révolutions et de la citoyenneté à l'université Paris-Est, lui a rappelé dans une série de tweets que « Marianne est une allégorie de la République, pas de la femme libre ».

30 juin

« Je ne supporte plus les comportements misogynes. La femme en politique souffre de propos qui se veulent rigolos, mais qui ne le sont pas. Ça passe inaperçu, mais c'est d'une violence insupportable. » Fanny Audard a décidé de démissionner de son mandat de deuxième adjointe du maire de Gaillan-en-Médoc, Jean-Brice Henry (LR), et de conseillère communautaire. Elle avait été élue pour la première fois deux ans plus tôt, en 2014. « Pour beaucoup, la parité dans les conseils est quelque chose de subi. Les hommes en place sont attachés à leur petit pouvoir, et supportent mal l'arrivée de gens compétents, surtout s'ils sont jeunes et si ce sont des femmes », a-t-elle expliqué dans Sud-Ouest.

14 juin

Philippe Pemezec est maire du Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine (Mediapart en avait déjà parlé ici et , sur un tout autre sujet). Anne Hidalgo, la maire de Paris, lui a écrit le 10 juin pour s'indigner de son comportement « samedi dernier, à l'occasion du lancement du chantier du Grand Paris Express » à Clamart. « Vous avez lancé à la cantonade : “Qu'est-ce qu'ils ont tous à se précipiter autour d'elle, tous ces mecs ? Ils sont comme untel à vouloir se faire tailler des pipes par Hidalgo” », écrit Hidalgo. Avant d'ajouter : « Il arrive très fréquemment que l'on me demande si j'ai été et si je suis encore victime de comportements manifestement sexistes. Cela a été le cas samedi à Clamart, et c'est en pensant à toutes les femmes qui sont contraintes au silence face à l'inacceptable que je me résous à rendre publique cette chronique du sexisme ordinaire. »

La lettre d'Anne Hidalgo La lettre d'Anne Hidalgo

Dans un courrier daté du 13 juin, Philippe Pemezec a répondu : loin de s'excuser, il accuse Anne Hidalgo de « démarche calculée » et motivée par un intérêt politicien… au profit du mari de la maire de Paris. « Je me suis enfin rappelé que votre conjoint, monsieur Jean-Marc Germain, est le député de la douzième circonscription des Hauts-de-Seine », le département où Pemezec est élu, écrit-il, avant de parler de « querelles politiciennes stériles ». « Je n’ai jamais tenu de propos sexistes contre Madame Hidalgo. Cette polémique est montée de toutes pièces pour des raisons bassement politiciennes. Elle n’existerait pas si Monsieur Germain n’était pas le conjoint de Madame Hidalgo », a insisté Pemezec dans un communiqué de presse, avant de menacer d'une plainte en diffamation.

La lettre de Philippe Pemezec La lettre de Philippe Pemezec

9 mai

Mediapart et France Inter ont publié dans une grande enquête les témoignages de huit femmes dénonçant des faits d’agression et de harcèlement sexuels de la part du député écologiste Denis Baupin. Cette affaire a déclenché de nombreuses réactions, et libéré la parole, dans les deux sens : des témoignages faisant état d'autres faits de harcèlement ou d'agressions sexuels, des appels à lever l'omerta, ou au contraire des propos sexistes.

L'élue LR (ex-UMP) Aurore Bergé a raconté sur Twitter les remarques reçues de la part d'élus masculins de son parti le soir de l'affaire Baupin : « Quand je te vois, j'ai envie de te faire une Baupin » ; « Quand on voit Aurore, on a le bâton de Berger ».

Sur Twitter, Monique Pelletier, ministre sous Giscard d'Estaing, chargée de la famille et de la condition féminine, a affirmé qu’elle avait été agressée sexuellement par un sénateur, en 1979 :

Au Journal du dimanche, elle a raconté que les faits remontent au débat sur la reconduction de la loi Veil au Sénat : « Lorsque la séance s'annonce houleuse, Monique Pelletier rend une visite d'usage au président de séance. “C’est la tradition quand on est ministre et qu’on a un débat un peu difficile. Nous parlons de la loi, il me dit que ça va être très dur, qu’il a déjà eu des quantités de sénateurs qui sont venus lui en parler, relate l'ancienne ministre. Je me lève pour prendre congé et je m’adosse à la cheminée pour lui dire encore deux mots sur la manière dont je pense entamer le débat. Là, il se jette sur moi et me fait, alors qu’il avait d’énormes lunettes, un baiser avec la langue.” “J’étais contre la cheminée, je ne pouvais pas bouger et c’était "un baiser complet" !”, se rappelle-t-elle. »

Sur Slate, une ancienne collaboratrice de cabinet ministériel a raconté son viol par son supérieur hiérarchique. « Ça peut aussi être très tranquille un viol, le silence enfoncé dans la gorge, les yeux au plafond. (...) Je n’ai pas protesté. Je ne me suis pas débattue. Je n’ai pas crié. Je l’ai laissé faire. Inconsciemment, j’ai pensé que cela annulerait peut-être la violence de ce qu’il était en train de faire et que le souvenir serait moins insupportable », écrit-elle.

Nos confrères de Slate ont interrogé dix-sept collaborateurs et collaboratrices de députés après l'affaire. Extraits : «“Toi, on va t’envoyer Baupin”, c’est la grosse blague du moment », lâche Juliette« Certains nous ont dit “Baupin on comprend qu’il a fait ça vu la gueule de sa femme”», se souvient Marlène. « Après des scandales pareils, c’est aberrant d’entendre : “Ah je sais pas si je peux te dire bonjour, on sait jamais maintenant !” », rapporte Pascaline« A-t-on encore le droit d’être un homme et une femme dans un ascenseur ? », ont déclaré deux députés, selon Aline.

Sur le Plus, le site participatif de l'Obs, une assistante parlementaire a témoigné de son quotidien à l'Assemblée nationale depuis un peu plus d'un an. Elle décrit une « domination masculine » « toujours forte » et « des comportements d’un autre âge, extrêmement dégradants pour les femmes »« Ce sexisme est difficile à décrire. Il est insidieux, il passe par toute une série d'attitudes, de discours, en apparence anodins mais qui ne le sont pas, et qui peuvent aboutir à une forme de harcèlement, raconte-t-elle. Ces petits riens, ce sont des "blagues" à répétition, des gestes déplacés, des mains qu’on laisse traîner. Ce sont des bises particulièrement appuyées, des sourires dérangeants, des regards qui se fixent ostensiblement sur une partie de votre corps. Ce sont des SMS ambigus, des demandes offensives de numéro. Ce sont enfin des qualificatifs infantilisants et discriminants ("ma petite puce", "ma mignonne", "mademoiselle"…). Le fait que même si on exerce le même métier, nous les femmes, sommes considérées comme des secrétaires, alors que les hommes sont des collaborateurs… C'est un plafond de verre très pesant. »

Sur RTL, le 12 mai, le polémiste Éric Zemmour a ironisé sur l'affaire Baupin et les « pauvres victimes féminines de ces grands prédateurs – de ces pervers narcissiques comme on dit aujourd'hui dans les journaux féminins – que sont les hommes en général et les hommes politiques en particulier ». Il accuse les médias à l'origine de l'affaire d'avoir « violé toutes les règles du respect de la vie privée en publiant ces échanges téléphoniques » et d'avoir été « les instruments consentants de la vengeance politicienne de Cécile Duflot contre Emmanuelle Cosse qui l’a trahie pour un plat de lentilles ministériel ». Cécile Duflot a annoncé avoir déposé plainte pour diffamation.

Interrogé sur l'affaire Baupin par un journaliste de RTL, le 9 mai, le député LR Pierre Lellouche a répliqué : « Je commente l’international, les choses sérieuses, pas les histoires de bonnes femmes. »

Dans un livre paru le 18 mai, intitulé Je serai président ! L'histoire du jeune et ambitieux Alain Juppé*, l'auteure Camille Vigogne Le Coat raconte le rapport du maire de Bordeaux aux femmes. « Je revendique le droit de regarder une jolie femme. Ça donne du plaisir », assume Juppé. « Depuis les juppettes [éviction des femmes ministres de son gouvernement – ndlr], on est persuadé que je n'aime pas les femmes, mais ce n'est pas vrai, j'aime les femmes ! », insiste-t-il. « C'est une compagnie que j'aime bien parce que – je vais faire des aveux qui sont contre moi – vis-à-vis du public féminin, je suis toujours un peu en état de séduction, je cherche à plaire. (...) Ça stimule, c'est comme ça. »

Christian Jacob, le patron des députés LR à l’Assemblée, a, lui, osé dire, sur Europe 1, que l’omerta ne concernait que les écologistes : « Jusqu'à preuve du contraire, oui, je suis sûr que ce genre de problème ne s'est pas passé [au sein de LR – ndlr]. L'omerta n'est pas dans la classe politique, elle est chez les Verts. » Mediapart a raconté combien, dans les partis politiques, les violences sexuelles entre “camarades” restent taboues, tout comme le sexisme au quotidien. Et combien les procédures judiciaires sont encore bien rares, tant la parole reste difficile à exprimer.

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Le 14 mai, dix-sept anciennes ministres, de droite et de gauche, ont lancé un appel dans le Journal du dimanche pour dénoncer le sexisme. Dans cette tribune intitulée « Nous ne nous tairons plus », les ex-ministres Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Élisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet et Rama Yade racontent que « comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, [elles ont] eu à subir et à lutter contre le sexisme »« On ne peut pas dire à une femme, quel que soit son statut, qu’elle soit salariée, étudiante, chômeuse, mère au foyer ou élue, à propos d’une collègue : "A part ses seins magnifiques, elle est comment ?" On ne peut lui dire d’un air graveleux : "Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir" ou "Est-ce que tu portes un string ? », écrivent-elles, concluant : « Cela suffit. L’impunité, c’est fini. »

14 avril

C'est pas moi, c'est ma femme : c'est, en substance, l'excuse qu'a trouvée le ministre de l'économie Emmanuel Macron après la Une de Paris Match sur le couple qu'il forme avec son épouse Brigitte Trogneux.

Le ministre a ensuite en partie rectifié son propos, comme l'a souligné Jérémy Trottin, journaliste à BFM :

13 avril

Mardi 12 avril, le Conseil départemental de la Haute-Garonne se réunit. La session est tendue, comme l'a raconté France 3 Midi-Pyrénées. La présidente du groupe de droite Marion Lalanne de Laubadère s’exprime sur une délibération portant sur le « dialogue citoyen », l'ancien sénateur PS Jean-Jacques Mirassou lâche : « Elle est mignonne! » « Silence gêné dans les rangs de gauche. A droite, on est outré par ces propos jugés immédiatement sexistes », rapporte France 3. Le président du groupe PS Sébastien Vincini a fini par présenter ses excuses publiques au nom du groupe.

Mais Mirassou, lui, s'y est refusé : joint par téléphone par France 3, il se souvient avoir dit « soyez mignonne ! » , « des propos qui n’ont aucune connotation physique mais uniquement dans le sens de « soyez sage », car elle était en train d’avoir des mots très durs contre la politique de la majorité ». Il met au défi « quiconque de trouver, en 30 ans de vie politique, la moindre trace de propos machistes ou sexistes, bien au contraire, je me suis souvent engagé dans mes travaux, notamment de parlementaire, contre les violences conjugales, la lutte contre la prostitution ou les droits des femmes ».

9 mars

Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé sa candidature à la primaire de la droite. Le Télégramme en fait un billet et évoque « cette guerrière, qu'on pourrait qualifier de “femme phallique” »

8 mars

C'est la journée internationale des droits des femmes et lors des questions au gouvernement, la députée LR Marie-Louise Fort interroge la ministre du travail, Myriam El Khomri, à propos du projet de loi sur la réforme du code du travail. Au beau milieu de la réponse de Myriam El Khomri, un député (homme) LR, Patrice Verchère, lance, en réponse à l'erreur de la ministre (« quinze minutes » au lieu de « quinze jours ») : « Quinze minutes douche comprise ? » Une référence graveleuse à la brève hospitalisation d'El Khomri une semaine plus tôt, d'abord présentée comme un « malaise » puis comme un « accident domestique » (une chute dans sa salle de bains), comme en témoigne le compte-rendu de la séance sur le site de l'Assemblée, signalé par la journaliste du Monde Hélène Bekmezian

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Le député Verchère a fini par s'excuser : « Je ne vois pas ce qu’il y a de sexiste, explique-t-il au Progrès, mais je le reconnais, c’était mal venu. Si ça a pu choquer, je présente mes excuses. »

Février-mars : El Khomri, cible du sexisme

La présentation de la contestée loi de réforme du code du travail a suscité une avalanche de commentaires sexistes à l'encontre de la ministre qui la porte, Myriam El Khomri. Notamment après sa brève hospitalisation, au moment de l'annonce du report de deux semaines de la présentation du projet en conseil des ministres.

Nicolas Beytout, patron du journal L'Opinion, s'est particulièrement illustré dans un éditorial commençant par ses mots : « Puisque Myriam El Khomri est indisposée et qu’elle semble un peu frêle pour porter le boulet de la réforme du Code du travail... » Quant au député socialiste Yann Galut, il envisage déjà le départ de la ministre (il en parle à l'imparfait) en jugeant qu'elle n'était pas franchement capable de porter un tel texte.

Yann Galut à propos de Myriam El Khomri

Sur YouTube, Bonjour Tristesse craque sur le physique de la ministre : « Si on te tond la gueule, tu vas plus ou moins ressembler à un homme. Ta féminité réside beaucoup dans tes bouclettes. »

Comble du paternalisme, le secrétaire d'État aux relations avec le parlement Jean-Marie Le Guen s'est voulu protecteur en accusant les attaques répétées contre le projet de loi, prononcées par des « gens de gauche », « y compris les femmes », et visant aussi cette « jeune ministre ». Après un cafouillage de communication sur la raison de la brève hospitalisation de la ministre du travail, François Hollande explique qu'il s'agit d'un « accident domestique » (provoqué par une chute dans sa salle de bains).

© France Inter

7 février

Dans un article du Parisien, plusieurs élues témoignent du sexisme qu'elles subissent au quotidien dans les milieux politiques. Exemple avec Nathalie Kosciusko-Morizet : « Les hommes trouvent toujours quelque chose pour disqualifier les femmes. Il y a celle qui n'est pas belle, celle qui n'est pas bien maligne, celle qui est nerveuse... (...) On nous fait à toutes beaucoup de remarques sur le physique et ça nous renvoie toujours à notre condition d'objet. »

Valérie Pécresse rapporte quant à elle cette remarque lancée au beau milieu d'une réunion par un de ses collègues LR : « On ne va quand même pas laisser une nana tête de liste ! » « Mes compétences à être élue ont toujours été minimisées parce que je suis une femme. Heureusement, les électeurs sont plus progressistes que les politiques », explique-t-elle aussi, en visant également son adversaire aux régionales en Île-de-France Claude Bartolone.

L'article rappelle également qu'en apprenant que Virginie Calmels était pressentie pour conduire la liste LR en Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes, Henri Guaino, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, avait lâché : « On ne peut pas mettre Loana à une élection ! »

4 février

Le député PS Malek Boutih aime beaucoup Manuel Valls. Surtout parce que c'est un garçon. C'est en tout cas ce qu'il a expliqué au Point, daté du 4 février, dans un article consacré au premier ministre : « Il a pour lui de l'ambition et des couilles. Ce qui est déjà beaucoup. »

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Le même jour, le sénateur LR (ex-UMP) Pierre Charon a fait part de la même obsession, à propos de l'émission prévue le soir même sur France 2, Des paroles et des actes, lors de laquelle Nicolas Sarkozy n'aura pas de contradicteur de gauche :


29 janvier

Alors que le fabricant de jouets Mattel a annoncé plusieurs déclinaisons, dans différentes morphologies, de sa célèbre poupée Barbie, le maire (extrême droite) de Béziers, Robert Ménard, s'est illustré avec ce tweet :

  • 19 janvier

La venue de l'actrice Pamela Anderson à l'Assemblée nationale, pour un débat sur le foie gras, déchaîne le sexisme de certains parlementaires, comme l'a signalé un journaliste sur Twitter qui rapporte les propos des députés Patrick Ollier et Philippe Gosselin :

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Sur Twitter toujours, Frédéric Nihous, le président de CPNT (Chasse, pêche, nature, traditions) s'est lui aussi lancé : 

Compte Twitter de Frédéric Nihous © Compte Twitter de Frédéric Nihous

  • 6 janvier

Valérie Pécresse assume la petite phrase lancée lors de sa campagne pour les régionales en Île-de-France : « Rien de tel qu'une femme pour faire le ménage. » Et, sur le plateau de BFM TV, à la question de savoir si elle fait elle-même le ménage chez elle, l'élue LR répond : « Je suis très aidée comme toutes les femmes qui travaillent. » La petite phrase de Pécresse rappelle celle de Ségolène Royal en 2011 : « Et ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage », a-t-elle renchéri. Avant d'ajouter : « Un bon coup de balai, et hop ! »

Bourdin Direct : Valérie Pécresse revient sur sa boutade sur "le ménage" © Closer

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Le sexisme ordinaire a pour particularité d'être souvent invisible. La protestation des femmes députées de gauche mercredi à l'Assemblée est une grande première et prouve la résistance grandissante dans l'hémicycle face aux propos plus que déplacés de certains de leurs collègues. Mais la plupart des incidents restent hors des radars de la presse.

Mediapart lance donc son « MachoScope » qui recense le sexisme à tous les échelons envers les femmes en politique – à l'Assemblée, au Sénat, au gouvernement, mais aussi dans les collectivités locales (conseils généraux, conseils municipaux, réunions politiques, etc.) et dans les médias. À l'image de ce que nous avions fait sur la droitisation de l'UMP avec notre « BuissonScope ». Nous avons choisi de commencer ce travail de compilation à partir des dernières législatives de 2012.

Pour nous aider dans cette tâche, n'hésitez pas à nous signaler les incidents dont vous avez été la cible ou le témoin, en nous écrivant aux adresses suivantes : lenaig.bredoux@mediapart.fr / marine.turchi@mediapart.fr

N'hésitez pas ! Cet article est mis à jour au fur et à mesure des témoignages reçus.