« Un million de signatures sur Internet, une manifestation partie de la base, des mouvements citoyens qui se créent un peu partout… C'est multiple, multiforme, inclassable », analysait à chaud la députée écologiste Isabelle Attard, présente à la manifestation du 9 mars. Inclassable, insaisissable, débordant de toutes parts la routine des revendications catégorielles, les prévisions de la police et les évaluations blasées des JT au soir des manifestations, la marguerite de la protestation contre la loi sur le travail a fini par éclore au moment où l'on ne l’attendait plus, passé le dernier virage du quinquennat, dans ce suspens des agendas politiques qui précède sous la Ve République le lâcher des ambitions présidentielles.