Croissance: l'imprudent «cocorico» de Sarkozy

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Après l'annonce par l'Insee d'une croissance de 2,2% en 2007 et de 0,6% au premier trimestre 2008, Nicolas Sarkozy a publié un communiqué de victoire, y décelant « l'impact des mesures prises». Une formule un peu imprudente, car le pouvoir d'achat et l'emploi sont actuellement sur une très mauvaise pente. Et le chef de l'Etat a omis de s'arrêter sur d'autres chiffres également publiés par l'institut et que surveille Bruxelles : un gonflement des déficits publics et de la dette.

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Même si un bon indicateur économique ne fait pas le printemps, le gouvernement et l'Elysée n'ont pas boudé leur plaisir. Confrontés à des turbulences multiples, sociales aussi bien que politiques jusqu'au sein même de l'UMP, ils ont l'un et l'autre publié des communiqués de victoire, jeudi 15 mai en début de matinée, avant même que l'Insee n'ait annoncé que la croissance de l'économie française était plus robuste que prévu. Des communiqués qui pourraient s'avérer un peu imprudents.
Interrogée au micro d'Europe 1, Christine Lagarde n'a pas fait dans la retenue. « Vous accueillez ce matin un ministre de l'économie qui se réjouit et qui jubile », a-t-elle dit. Et même Nicolas Sarkozy, fait peu fréquent, s'est fendu d'un communiqué pour applaudir les chiffres de l'Insee : « Ils traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (...) Les résultats publiés aujourd'hui témoignent de la nécessité de maintenir ce cap. »