Christian Troadec, bretonnant entre « Marx et la bible »

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On le dit « divers gauche » et ça lui va bien, tant sa gauche peut paraître diverse, ou opportuniste selon les points de vue. Profondément régionaliste, sa constance, proche de la gauche alternative, puis partisan d’une alliance Royal-Bayrou, soutien de François Hollande au nom d'une communauté d'intérêts avec Jean-Yves Le Drian, et finalement chef de file des Bonnets rouges. Son propre envol ?

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« Ce n'est pas ma faute si j'ai des copains partout. Mon père était déjà comme ça. Et puis, je suis breton avant tout. » Christian Troadec ne parlemente même plus, quand on tente de lui faire expliquer sa ligne politique. « Tant pis si je suis incompris », soupire le maire de Carhaix, de guerre lasse, avant un éclat de rire tonitruant. Il raconte sans se faire prier les derniers coups de fil « d'encouragement » qu'il a reçus récemment : Alain Krivine, Jean Lassalle, Pierre Larrouturou, Philippe Poutou. Au bout de dix ans de mandat, le maire de Carhaix, qui se jure « bien plus ancré à gauche qu'un Hollande ou un Mélenchon », a pris l'habitude d'être attaqué sur sa ligne politique, dont la conduite peut paraître aussi indéchiffrable qu'un manuscrit de la mer Morte.