Fraude au travail détaché: des agriculteurs français ne voient pas le problème

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Dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône, des producteurs de fruits et légumes n’ont jamais cessé de travailler avec des migrants fournis par l’agence d’intérim Terra Fecundis, pourtant dans le viseur de la justice. « Laissez-nous travailler comme on peut », s’agace l’un d’eux. « Je ne leur mets pas le couteau sous la gorge », balaye un autre.

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«Allez vous faire voir. » C’est sur ces mots que Patrick Racamier nous raccroche au nez, avant même que nous ayons exposé le motif de notre appel. Basé dans les Bouches-du-Rhône, cet agriculteur est à la tête d’une exploitation de pêches, nectarines et abricots, sur laquelle il a massivement fait appel à des intérimaires étrangers fournis par la société espagnole Terra Fecundis, bientôt jugée à Marseille pour « travail dissimulé en bande organisée » sur les années 2012 à 2015 (voir notre article sur cette affaire).