La justice «se clochardise», selon son ministre

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« L'institution judiciaire est en voie de clochardisation », a déclaré le 18 avril Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice, lors d'un déplacement à Lille. Cette pauvreté rend impossible le quotidien des magistrats. Mais elle a aussi des répercussions concrètes sur la vie des justiciables. Nous republions les témoignages de six magistrats qui racontent comment l'indigence engendre l'injustice.

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Même le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, ne peut que constater l'ampleur des dégâts. Lors d'un déplacement à Lille où il a annoncé la construction d'un nouveau palais de justice, Jean-Jacques Urvoas a dénoncé le manque de moyens alloués aux tribunaux. « L'institution judiciaire, dans bien des endroits et je pèse mes mots, est en voie de clochardisation. Il faut le dire. »

Le garde des Sceaux, qui a remplacé Christiane Taubira en janvier dernier, ne va pas jusqu'à remettre en cause le budget proposé par l'exécutif car, dit-il, « il n'y a pas de marge de manœuvre considérable. » Il constate cependant : « Il y a tous les jours des reportages qui montrent qu'ici l'électricité n'est pas payée, que là un plafond s'est effondré, que le premier geste que fait un magistrat avant d'entrer dans un bureau est d'acheter une serpillière. Je ne fais pas du catastrophisme ni du misérabilisme. Pour le moment, je n'ai pas d'autres certitudes que celle de ma détermination. »

Encore des mots, toujours des mots ? Dans une interview au JDD au début du mois, Jean-Jacques Urvoas avait déjà reconnu que « le ministère n'a plus les moyens de payer ses factures. D’ailleurs, la direction de l’administration pénitentiaire a 36 millions d’euros de factures impayées pour des hospitalisations de détenus ».