Foued, acquitté après quatre ans de prison: «Il leur fallait trouver des coupables»

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Foued, 22 ans, a passé plus de quatre ans en prison. La cour d’assises des mineurs de Paris l’a acquitté le 18 avril, l’innocentant de toute participation aux violences commises à l’encontre des policiers, le 8 octobre 2016, à Viry-Châtillon. En liberté depuis deux jours, il raconte à Mediapart ce qu’il a vécu.  

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Apeuré par la réaction des policiers, Foued préfère tourner le dos à la caméra. S’il témoigne aujourd’hui, c’est pour éviter que « d’autres innocents soient condamnés comme je l’ai été », explique-t-il avant que l’interview ne débute.

« Quatre ans et trois mois, précisément », c’est le temps qu’il a passé en prison depuis son interpellation, le 17 janvier 2017, dans le cadre de l’affaire de Viry-Châtillon, où une vingtaine de jeunes avaient pris d’assaut, le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité du quartier sensible de la Grande Borne. Deux policiers avaient été blessés dont un grièvement.

Reconnu coupable et condamné à une peine de dix-huit ans pour tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique, lors du procès de 2019, il a été acquitté en appel, le 18 avril.

Ainsi que nous le révélons (à lire ici), les enquêteurs ont tronqué des éléments essentiels des dix heures de son audition et ont exercé des pressions afin d’obtenir de lui un semblant d’aveu. En appel, la confrontation des vidéos de son audition aux procès-verbaux tronqués par les policiers a fait tomber les charges à son encontre. 

Le jour des faits, le 8 octobre 2016, Foued est en famille et passe ensuite dans le quartier, non loin des faits. « J’ai eu le malheur d’être de la cité de Grigny-La Grande Borne », explique-t-il. Interpellé le 17 janvier 2017, au petit matin, il ne retournera plus chez lui. Un cauchemar commence. Durant trois jours de garde à vue, il est auditionné par les policiers. « Ils ne cherchaient pas les coupables mais des coupables », explique-t-il.

© Mediapart

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