Violences policières: des témoignages accablants, les autorités tempèrent

Un peu partout en France, des manifestants se disent victimes de violences policières. Des vidéos et photos font le tour des réseaux sociaux mais, pour l'heure, les autorités ne voient pas d'augmentation des dérapages des forces de l'ordre. De leur côté, les policiers ne veulent plus être assimilés… à des défenseurs de la loi El Khomri.

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Depuis un an et demi, la population et les forces de l’ordre jouent à « Je t’aime, moi non plus ». En novembre 2014, après la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade lancée sur la Zad de Sivens, les gendarmes étaient vilipendés. En janvier 2015, des haies d’honneur et des concerts d’applaudissement accompagnaient militaires et policiers qui avaient mis hors d’état de nuire les assassins de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher et qui, eux aussi, avaient été victimes de la furie terroriste. Samedi dernier, le syndicat Info'Com de la CGT, représentant des salariés du monde de l'information et de la communication, a publié sur son site une affiche sur laquelle on peut voir une matraque et un insigne de CRS près d'une flaque de sang avec le titre suivant : « La police doit protéger les citoyens, non les frapper ».

Ce visuel, qui fait référence aux violences policières commises contre des jeunes pendant les manifestations contre le projet de loi sur le travail, a suscité l’indignation de Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’intérieur a dénoncé une campagne « choquante » qui met « gravement en cause la police nationale » tandis que le syndicat SCSI-CFDT (majoritaire chez les officiers de police) s’insurge contre « une affiche de la honte », « une injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés dans l'exercice de leur fonction ». Synergie, autre syndicat d’officiers, a demandé au ministère de l'intérieur de déposer plainte, évoquant un « appel abject à la haine » et à la « violence » contre les forces de l’ordre.

Côté manifestants, la tension est, elle, à son comble depuis la diffusion d’une vidéo dans laquelle un policier assenait, en marge d’une manifestation contre le projet de loi sur le travail le 24 mars, un coup de poing à un lycéen de l’établissement parisien Henri-Bergson. L’auteur, un gardien de la paix de 26 ans, sera jugé en mai pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » sur le lycéen de 15 ans. Il avait été placé en garde à vue à l’Inspection générale de la police judiciaire (IGPN), la “police des polices”.