La France insoumise attend un «déferlement» à Paris

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Pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à s’opposer au « coup d’État social » dans les rues de la capitale, samedi 23 septembre, la manifestation a valeur de test politique. La venue de personnalités de gauche, dont Benoît Hamon et une délégation du PCF, est déjà signe d’une réussite.

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Déferlement ou pas ? Pour reprendre la formule de Jean-Luc Mélenchon, le 27 août 2017 à Marseille, appelant « le peuple » à « déferler sur Paris » contre « le coup d’État social » du gouvernement, la question reste ouverte. Car la mobilisation initiée par le groupe des élus insoumis à l’Assemblée nationale au cœur de l’été, alors que se discutait le projet de loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances sur le code du travail, apparaît comme une originalité au sein du mouvement social. Face aux deux manifestations syndicales des 12 et 21 septembre – ou en complément, comme plaident plutôt ses organisateurs –, la participation demeure encore une grande inconnue.

La France insoumise affiche d’ores et déjà des éléments indiquant que le rassemblement devrait réunir bien au-delà de ses militants actifs. « Les indicateurs sont plutôt positifs », se réjouit Manuel Bompard, directeur des campagnes du mouvement. Officiellement, 130 cars ont été affrétés et transporteront des militants depuis 150 villes. Soit, selon le même Manuel Bompard, plus que le nombre de bus remplis le 18 mars 2017 à l’occasion de la marche pour la VIe République. L’événement avait rassemblé aux alentours de 100 000 personnes, selon les chiffres livrés à l’époque par les organisateurs.

Seule interrogation à ce stade, qui pourrait nuancer les pronostics : le deuxième défilé à l’appel de la CGT contre les ordonnances a déjà montré un signe d’essoufflement, rassemblant moitié moins de manifestants que neuf jours auparavant. Mais le contexte de la manifestation de samedi est différent, plus propice à réunir : mot d’ordre plus large et jour non travaillé sont deux facteurs de réussite, par rapport à la mobilisation des seuls salariés en semaine. En outre, les députés insoumis ont veillé à être présents à chaque manifestation syndicale, tout en insistant sur l'autonomie des organisations de salariés.

Clémentine Autain, Danièle Obono, Caroline Fiat et Loïc Prud'homme, députés de La France insoumise, lors de la manifestation du 21 septembre 2017. © MG Clémentine Autain, Danièle Obono, Caroline Fiat et Loïc Prud'homme, députés de La France insoumise, lors de la manifestation du 21 septembre 2017. © MG

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a, depuis l’été, mis les moyens pour assurer le succès de cette étape qu’il souhaite populaire, dans la droite ligne de sa stratégie du « un pied dedans, un pied dehors », chère aux députés. Coline Maigre, qui coordonne les groupes d’appui, résume : 300 000 affiches, 3 millions de tracts et des dizaines de milliers d’autocollants ont été imprimés et distribués.

Deux journées portes ouvertes ont été organisées à Paris pour sensibiliser et former des militants, dont beaucoup feront leur baptême du feu de la rue le 23 septembre. Au total, selon la responsable, près de 1 000 personnes s’y sont rendues. « Nous avons même organisé un atelier pancartes, 150 ont été fabriquées », affirme Coline Maigre, qui se dit étonnée de la jeunesse des participants dont une forte proportion venait pour la première fois auprès de La France insoumise. Façon aussi de confirmer le peu de culture militante d'un certain nombre d'Insoumis.

Exemple d'informations diffusées aux militants par La France insoumise sur les réseaux sociaux pour le 23 septembre 2017. © franceinsoumise

Le mouvement a, quoi qu’il en soit, mobilisé à travers les réseaux sociaux depuis des semaines, relayant les liens pour réserver une place dans un car, pour récupérer du matériel de propagande ou pour abonder une cagnotte afin de permettre à des militants de se rendre à Paris. Plus de 40 000 euros auraient ainsi été récoltés. Dernière action en date : un direct sur Internet, le jeudi 21 septembre de 19 heures à 21 heures, pour faire la pédagogie de la révolte contre les ordonnances et, plus généralement, le fameux « coup d’État social ».

Animée par Charlotte Girard, la responsable du programme L’Avenir en commun, c’est une véritable émission télévisée qui a été diffusée, regroupant quatre témoins chargés de décrypter les enjeux de la lutte enclenchée par les Insoumis. Le lendemain dans la matinée, déjà 10 000 personnes avaient visionné le programme alors que près de 8 000 l’avaient regardé en direct à un moment ou à un autre. Un plan de communication qui complète la présence massive des députés insoumis dans les médias les jours précédents.

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