Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy s'efforce de replacer la Résistance au cœur de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale: visite annuelle sur le plateau des Glières, haut lieu des maquis de 1944; lecture dans les établissements scolaires de la lettre de Guy Môquet; inscription au programme du baccalauréat de français des Mémoires de De Gaulle. Par ces initiatives, le locataire de l'Elysée proclame ostensiblement une filiation gaulliste que toute sa politique vient démentir et marque sa rupture avec un Jacques Chirac qui avait surtout insisté sur la responsabilité française dans les persécutions antisémites.
Le bilan de ces initiatives oscille entre le ridicule pathétique (comme on peut le constater à propos du prétendu pèlerinage sur le plateau des Glières ci-contre) et l'agitation sans lendemain. Facultative en 2009, la lecture de Guy Môquet n'a fait cette année l'objet d'aucune instruction officielle. Les protestations des historiens soulignant qu'il avait été fusillé comme otage, et non comme résistant, n'y sont sans doute pas pour rien.
Car tandis que l'exploitation politicienne du souvenir de la Résistance fait rage, les historiens travaillent. Des thèses sont soutenues, des livres paraissent, des colloques sont organisés. Les premiers pas de la Résistance à l'automne 1940, longtemps négligés par les chercheurs, sont ainsi de mieux en mieux connus.