Pour Laurent Berger, Macron a «accéléré» la colère sociale

Par

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui prône un pouvoir moins vertical et une politique plus sociale, pointe la « responsabilité » d’Emmanuel Macron dans la crise des gilets jaunes.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui est souvent accommodant avec le pouvoir, quel qu’il soit, se montre très sévère à l’encontre d’Emmanuel Macron. Interrogé par le Journal du dimanche, qui lui demande si la pratique du pouvoir du chef de l’État est à l’origine de la crise sociale actuelle, il a cette réponse : « Elle l'a accélérée. Ce sentiment que rien n'existe entre le pouvoir et le peuple a provoqué un retour de balle. Le président porte une responsabilité, il y a eu défaillance. »

Comment sortir de la crise, lui demande le journal ? Réponse : « Il faut partager le pouvoir et ­associer davantage les corps intermédiaires ainsi que les citoyens. Il y a donc une question de méthode et de priorités : justice fiscale, transition écologique, répartition des richesses, démocratie participative. Je ne fais pas de l'ISF un totem, mais il faut que les plus hauts revenus soient davantage mis à contribution. Nous devons éteindre collectivement l'incendie. On ne peut pas vivre dans une société hystérisée. Portons des discours responsables. J'assume d'avoir dit que l'extrême droite manipulait les Gilets jaunes, qu'imposer le port d'un Gilet était totalitaire. Chacun doit arrêter de jouer sa partition. Si le gouvernement est capable d'entendre, tant mieux. Sinon la crise s'aggravera. »

Le leader de la CFDT ajoute : « Le président de la République n'a plus le choix. Il faut une inflexion avec des politiques sociales qui réduisent les inégalités, redonnent du pouvoir d'intervention aux citoyens. Je ne veux pas que la France ressemble à l'Italie ou la Hongrie. Et il y a un risque. On ne peut plus se parler sans s'agresser. »

L’entretien avec le JDD est à lire ici

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale