Le gouvernement enfermé dans l’obsession budgétaire

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La dramatisation à l’extrême du rapport de la Cour des comptes, qui confirme pourtant la poursuite de la consolidation budgétaire, signale que le gouvernement d’Édouard Philippe demeure dans la même logique que ses prédécesseurs, fondée sur la réduction du déficit sous les 3 % du PIB, sans prendre en compte les éléments macroéconomiques. Pourtant, cet objectif, devenu celui du budget 2017, n’a pas de signification économique et semblerait plus atteignable par une politique de soutien à la croissance. 

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La France serait donc dans un état d’urgence budgétaire. À peine officiellement connu, l’audit des comptes publics de la Cour des comptes publié ce jeudi 29 juin a donné lieu à une réaction indignée du premier ministre Édouard Philippe. Jugeant « inacceptable » le « dérapage » des comptes publics, il a annoncé vouloir « mettre un terme à la spirale de l’augmentation continue de nos déficits ». Et s’est engagé à « contenir le déficit à 3 % dès 2017 » par des « mesures d’économies ». Sinon, prévient-il, les sept plaies d’Égypte n’épargneront pas la France : « nos enfants » paieront « la note » et, s’indigne-t-il encore, « nous n’avons pas le droit de leur faire cela ». Du reste, ajoute-t-il, la « souveraineté de notre pays est en jeu ». Bref, la France est au bord du précipice. En outre, le ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin a convoqué pour le 6 juillet des « États généraux des comptes de la nation », considérant qu'il s'agissait d'une « cause nationale »