Le président de l’Eurogroupe aggrave encore son cas

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Les appels à la démission se sont multipliés après ses propos sexistes et insultants envers le sud de l’Europe. Mais Jeroen Dijsselbloem s’accroche. Il a snobé mardi une séance du parlement européen à Strasbourg, qui s’annonçait très mouvementée. Le Néerlandais n’a plus qu’une carte à jouer : persister comme l’indéfectible allié de Berlin sur l’austérité.

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Le parlement européen n’a eu d’autre choix que de durcir le ton. Son président Antonio Tajani a fait savoir lundi qu’il allait envoyer une lettre de reproches à Jeroen Dijsselbloem, le président de plus en plus contesté de l’Eurogroupe. Tajani, un Italien proche de Silvio Berlusconi, « n’accepte pas l’attitude » du social-démocrate néerlandais. Ce dernier avait prévenu, dans une lettre succincte vendredi, qu’il ne ferait pas le déplacement pour venir débattre à Strasbourg de l’avenir économique de la Grèce avec les eurodéputés, « pour des raisons d’agenda ».

Dijsselbloem a surtout évité un déluge de critiques visant sa personne, lors d’une séance qui devait avoir lieu ce mardi après-midi dans la capitale alsacienne. Depuis sa sortie fin mars dans les colonnes d’un quotidien allemand, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le social-démocrate natif d’Eindhoven, 52 ans, semble avoir réactivé d’un coup la bataille Nord-Sud qui mine la crédibilité de la zone euro (lire l’analyse de Philippe Riès sur Mediapart). « En tant que social-démocrate, je regarde la solidarité [avec les pays en crise – ndlr] comme essentielle. Toutefois, celui qui exige cette solidarité a également des obligations. Je ne peux pas gaspiller tout mon argent dans l’alcool et avec les femmes et venir ensuite vous demander votre aide », a-t-il déclaré, croisant des remarques sexistes envers les femmes, et insultantes envers les populations d’Europe du Sud.

Depuis, l’intéressé n’a pas retiré ses propos. Tout au plus a-t-il fait savoir que ses propos avaient été « mal compris », parce qu’ils ne visaient pas directement les pays du Sud. Le social-démocrate, considéré à Bruxelles comme l’un des dirigeants les plus durs dans le bras de fer avec Athènes, compte bien terminer son second mandat de président de l’Eurogroupe, ce cénacle des 19 ministres des finances de la zone euro. Ce qui le mènerait jusqu’à janvier 2018, après une entrée en fonction en janvier 2013, lorsqu’il avait pris la succession du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (devenu, depuis, président de la commission européenne).