En Bosnie-Herzégovine, musulmans et orthodoxes redécouvrent la solidarité

Par , et Simon Rico

L’entraide entre communautés nationales et religieuses a été l’une des bases de la société bosnienne durant des siècles. Deux décennies après la fin de la dernière guerre, dans la ville de Trebinje, en Herzégovine, Bosniaques musulmans et Serbes orthodoxes redécouvrent les règles du « bon voisinage ».

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Trebinje a des faux airs d’arrière-pays provençal. La ville s’étend sur un plateau calcaire, au cœur des montagnes pelées du sud de la Bosnie-Herzégovine. Durant des siècles, la cité a été un centre marchand et un carrefour important pour les caravanes remontant du littoral. Dubrovnik, la « perle de l’Adriatique », n’est qu’à une vingtaine de kilomètres, sur la côte, au-delà des lignes de crête. Les frontières du Monténégro ne sont guère plus éloignées. Avec son joli centre ancien ombragé par de grands platanes et entouré de terrasses de café, sa forteresse, ses églises et ses mosquées, Trebinje était une destination touristique prisée avant la guerre. Du temps de la Yougoslavie, la ville attirait les visiteurs venus du littoral adriatique. Construite en 1729, la mosquée Osman Pacha faisait alors la fierté de la cité, majoritairement habitée par des Serbes, mais qui comptait une communauté bosniaque forte de quelque 6 000 âmes, soit 20 % de la population totale de la municipalité.