Election américaine: grâce aux votes par correspondance, Joe Biden creuse l’écart

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Les résultats de la présidentielle sont suspendus au sort de quelques États clés comme le Nevada, la Géorgie et la Pennsylvanie. Après ses succès dans le Wisconsin et le Michigan, Joe Biden se montre confiant quant à sa victoire. L’équipe de Donald Trump multiplie les recours juridiques.

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Des résultats extrêmement serrés, Donald Trump mettant les institutions américaines à l’épreuve : c'était le pire des scénarios, et c’est ainsi que s’est dessinée l’élection présidentielle américaine.

Face au coup de force du président sortant et à l’incertitude, des milliers d’Américains, parmi eux de nombreux activistes et de militants de gauche, ont défilé mercredi 4 novembre, au lendemain de l’élection, pour exiger le recompte méticuleux des voix et le « respect de la démocratie » au cours des prochains jours et semaines.

Selon l’agence Associated Press, on attend désormais les résultats dans cinq États : l’Alaska (trois grand électeurs), la Géorgie (seize), le Nevada (six), la Caroline du Nord (quinze) et la Pennsylvanie (vingt). Ils devraient être connus dans la journée de jeudi en Géorgie – « Nous devrions avoir fini au plus tard à midi aujourd’hui [18h00 heure française] », a déclaré dans une interview le secrétaire d’État de Géorgie Brad Raffensperger –, vendredi pour la Pennsylvanie, mais pour les autres il faudra faire preuve de patience : la semaine prochaine pour le Nevada et la Caroline du Nord, le 10 novembre pour le premier, le 12 pour la seconde, le temps de décompter les bulletins par correspondance. Quant à l’Alaska, il fermera la marche le 29 octobre. Cependant, il n’y a guère de suspense, car c’est un État rouge, acquis à la cause de Donald Trump.

Comme en 2016, le président sortant a déjoué mardi 3 novembre les pronostics qui pariaient sur un possible raz-de-marée en faveur de Joe Biden, 77 ans, l’ancien vice-président de Barack Obama, remportant notamment les États de Floride et du Texas. Les résultats ont fait apparaître la contre-performance de Biden dans les électorats hispaniques, sauf dans l’Arizona, où des activistes opposés à la criminalisation des immigrés travaillent le terrain depuis des années.

Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Joe Biden a été le premier à s’exprimer, depuis Wilmington (Delaware, son fief) pour appeler ses partisans à rester optimistes. « Nous sommes en bonne voie pour gagner cette élection », a-t-il lancé, ajoutant : « Nous allons être patients. » 

Et comme prévu, Donald Trump, qui a élargi en nombre de voix sa base électorale d’il y a quatre ans, s’est déclaré victorieux mardi, au soir de l’élection, énumérant les États qu’il avait gagnés, quitte à mentir. Une rhétorique conforme aux discours et aux menaces proférées par le républicain durant la campagne électorale, alimentant les théories du complot.

C’était sans compter les millions de votes par correspondance comptés après l’élection, envoyés avant la date du scrutin par les électeurs préférant éviter les urnes en personne à cause de la pandémie : parmi eux, nombre de démocrates. Mercredi 4 novembre, après avoir remporté l’Arizona, un bastion républicain, Joe Biden a gagné le Wisconsin et du Michigan, deux États clés du Midwest raflés de justesse par Trump en 2016.

Selon Associated Press, Biden totalisait jeudi matin (heure française) un total de 264 grands électeurs.

Alors que son chemin vers la Maison Blanche paraît se compliquer, Donald Trump s’évertue à mettre en doute la légalité du décompte post-élection des millions de votes par correspondance, tandis que son équipe multiplie les recours juridiques. « Ils sont en train d’essayer de voler l'élection », a-t-il écrit sur Twitter. Un message… bloqué par le réseau social.

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La cheffe de campagne de Joe Biden, Jen O’Malley Dillon, a jugé « scandaleux » et « sans précédent » les propos du milliardaire s’arrogeant la victoire dans ce scrutin indécis, affirmant que les démocrates étaient prêts à « combattre » en justice si le président républicain saisissait la Cour suprême, comme il l’a annoncé en évoquant une « fraude »… mais sans livrer aucun élément concret. En Pennsylvanie, Trump a dépêché mercredi 4 novembre un de ses fils et son avocat Rudy Giuliani pour alimenter la thèse de fraudes multiples et d’une élection en passe d’être « volée ».

Son équipe de campagne a ainsi annoncé des actions en justice en Pennsylvanie – où l’avance de Trump s’est réduite à mesure du décompte des bulletins – mais aussi dans le Michigan et en Géorgie. Le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a déclaré dans une interview à CNN que cette demande était « plus un document politique qu’un document juridique ». « Il y a de la transparence dans ce processus. Le décompte est en train de se faire. Il y a des observateurs qui l’observent et il va continuer », a-t-il ajouté.

L’équipe de Trump a aussi demandé un recomptage dans le Wisconsin, le directeur de campagne, Bill Stepien, citant « des irrégularités dans plusieurs comtés ».

S’exprimant de nouveau depuis Wilmington mercredi après-midi, Joe Biden, accompagné de sa colistière Kamala Harris, a déclaré qu’il n’était « pas ici pour déclarer que nous avons gagné, mais […] pour signaler que lorsque le décompte sera terminé, nous pensons que nous serons les gagnants ». Dans une courte déclaration de moins de dix minutes, il a appelé au calme et à l’unité. « Il n’y aura pas d’États bleus [démocrates – ndlr] ou d’États rouges [républicains – ndlr] lorsque nous gagnerons, seulement les États-Unis d’Amérique. » 

Dans les élections pour le Congrès, les républicains devraient conserver le Sénat, alors que les démocrates restent majoritaires à la Chambre des représentants.

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