Maïssa Bey: «Ce mouvement nous a rendus fiers»

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Avec la révolution en cours dans son pays, l’écrivaine algérienne Maïssa Bey redécouvre « un peuple et une énergie incroyables » en pleine reconquête de la dignité. « Même les rapports entre nous ont changé ! Le “hirak” a libéré la parole, les corps et il nous a libérés de la peur », dit-elle.

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« Partout où il y a oppression, pouvoir autoritaire, il y a volonté d’expression et une floraison de talents dans l’écriture, la caricature, la musique, la peinture, etc. », remarque Maïssa Bey alors qu’on marche vers le Musée national de l’histoire de l’immigration de Paris ce mercredi 3 juillet. L’écrivaine algérienne, de passage dans la capitale à l’invitation du spécialiste de l’Algérie, Benjamin Stora, pour un débat interrogeant « la nouvelle indépendance » en cours dans son pays, ne parle pas d’elle. Mais de cette génération de plumes brillantes qui a émergé après les années 2000. Elle est pourtant elle aussi à 69 ans l’illustration de ce que l’oppression peut produire comme talent. Depuis que la violence de la « décennie noire », ces années 1990 de guerre et de terrorisme, l’ont conduite à porter la plume dans la plaie, avec un déchirant premier roman Au commencement était la mer, Maïssa Bey, pseudonyme de Samia Benameur, enfant des hauts plateaux non loin d’Alger, se consacre à l’écriture. « Une transgression. » Entretien.