En Bolivie, le goût amer de la coca

Par Alice Campaignolle

Avec environ 350 000 hectares de forêt disparus en 2018, la Bolivie appartient au groupe de tête des pays qui déforestent le plus au monde. Les premiers responsables sont l’agriculture intensive et l’élevage. Et aussi la coca.

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La Paz (Bolivie), de notre correspondante.– « Ça fait deux ans à peine que je cultive ce champ, mais on voit déjà les résultats. » Mario Vilca – ici on l’appelle Don Mario – producteur de coca, fait visiter sa parcelle à deux voisins : Jimena Vilcachambi et Tulio Magueño, dans la région du Nor Yungas, à une centaine de kilomètres de La Paz. Il est quasiment midi et, sous un soleil de plomb, les trois agriculteurs marchent entre les rangs de coca, cet arbuste qui produit la « feuille sacrée », utilisée pour une consommation traditionnelle mais aussi pour fabriquer la cocaïne. La parcelle est terrassée, à flanc de montagne, comme toujours dans cette région des Yungas, où les Andes rencontrent l’Amazonie, à une moyenne de 1 500 mètres d’altitude.