Réfugiés, intrusion, hotspots: le nouveau lexique des migrations

Par

Les mots caractérisant les phénomènes migratoires apparaissent ces derniers mois investis de nouvelles significations. Relayés dans l'espace public, ils alimentent les peurs, fabriquent de l'exclusion et confortent l'approche sécuritaire privilégiée par les autorités européennes.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

L’afflux sur le continent européen de ressortissants de la Corne de l’Afrique, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient s’accompagne de déplacements – invisibles, mais majeurs – dans le champ lexical des migrations. Des mots nouveaux apparaissent, d’autres sont détournés de leur sens initial, tous sont investis de significations singulières liées au contexte actuel. Aucun n’est neutre. Chacun à sa manière contribue au récit que les responsables politiques et les médias font de ce qui se passe, façonnant les représentations des opinions publiques. En les dépliant, les messages implicites surgissent : les arrivées seraient tellement massives que les États membres de l'Union européenne n'auraient pas les moyens d'y faire face, sauf à mettre en œuvre des politiques sécuritaires.