Au Darfour, la guerre mal éteinte est un défi pour les nouvelles autorités

Par Gwenaëlle Lenoir

Moins de vingt ans après une politique de la terre brûlée et des épurations ethniques de grande ampleur, cette région de l’ouest du Soudan n’est pas pacifiée. Il suffit d’un rien pour enflammer les esprits et faire parler les armes.

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Al-Geneina (Soudan), de notre envoyée spéciale.– Des abris précaires, faits de branchages, de paille tressée et de bâches, serrés les uns contre les autres, une grande toile de tente blanche siglée Unicef qui abrite une salle de classe bondée, une foule de gamins excités, des hommes silencieux et en colère, des femmes qui veulent à tout prix être « enregistrées sur la liste des bénéficiaires ». « Ma maison a été incendiée, mon père a été tué, mon mari a disparu, je suis venue seule ici avec mes neuf enfants, je n’ai rien pour survivre », énumère Nafissa Ibrahim Ali, persuadée que la visiteuse appartient à une ONG ou à une agence de l’ONU. Voici des phrases et des scènes terriblement familières, dans une région que les télévisions occidentales connaissent par des guerres trop complexes pour qu’on s’attarde à les expliquer.