COP21: les gagnants, les perdants

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L’accord de Paris sur le climat ne crée pas seulement un nouveau régime juridique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre : il produit aussi une nouvelle cartographie d’acteurs, d’alliances et de rapports de force.

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Dimanche 13 décembre au matin, quelques heures après l’adoption de l’accord de Paris, un homme tweete son désarroi : « Quelqu’un peut-il me dire ce qu’il y a de si nouveau et de si follement révolutionnaire dans la COP21 et l’accord de Paris ? Je suis tout ouïe. » 
Ce commentateur chagrin, c’est Yeb Saño, l’ancien négociateur en chef des Philippines. En 2013, lors de la COP19, il avait prononcé l’un des discours les plus marquants des sommets du climat. Alors que l’ouragan Haiyan dévastait son pays, tuant plusieurs milliers de personnes, il avait supplié, en pleurs, les États de se mettre d’accord pour agir contre le dérèglement climatique. Il se mit en grève de la faim pendant tout le reste de la conférence. Quelques mois plus tard, il fut débarqué de sa délégation par le gouvernement philippin. Il milite aujourd’hui avec la société civile.