A Madrid, les gauches sont piégées par le «problème catalan»

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Hors de Catalogne, les gauches espagnoles comprennent mal ce qui se joue à Barcelone. Mediapart a rencontré des figures des mouvements sociaux, de syndicats et de partis, souvent déboussolées. Le cycle politique ouvert par le mouvement des Indignés, en 2011, se referme, écrasé par la logique identitaire de la crise catalane.

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De notre envoyé spécial à Madrid (Espagne).- À peine s’est-il assis à la table d’une cafétéria, dans un quartier populaire du sud de Madrid, que Francisco Frutos tient à mettre les choses au clair. « Le nationalisme et la gauche, c’est incompatible, lance-t-il. La gauche est internationaliste. Elle croit à la lutte des classes. Elle défend les intérêts des ouvriers du monde entier. » Né en 1939 dans une petite station balnéaire de Catalogne, celui qu’on surnomme “Paco” Frutos a dirigé le Parti communiste espagnol (PCE) de 1998 à 2009. Aujourd’hui, ce fils de paysans se dit « triste, déçu, en colère ». S’il devait voter aux élections catalanes du 21 décembre (il réside désormais à Madrid), il ne donnerait son bulletin à aucun parti, pour la première fois de sa vie.