Climat: l’accord de Paris, victoire possible des communs

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Malgré un accord final insuffisant, la COP21 marque un moment d’engagement inédit pour le climat. Il fournit une boîte à outils politiques aux militants et penseurs de la transition vers un monde bas carbone et plus juste.

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L’accord de Paris sur le climat pourra-t-il être plus grand que lui-même ? Voulu par la convention de l’ONU sur le climat pour établir un cadre international d’action contre le dérèglement climatique, le document adopté samedi 12 décembre par 195 États n’y changera pas grand-chose à lui seul : il se réclame de grands principes mais ne se dote pas d’outils opérationnels, reconnaît des obligations formelles mais sans grand contenu (voir ici). Il n’oblige pas les pays à suffisamment réduire leurs émissions du gaz à effet de serre pour garantir que la température moyenne ne s’élèvera pas à plus de 2 °. Il n’assure pas aux pays en développement qu’ils obtiendront les financements dont ils ont besoin.

Faut-il pour autant en faire un échec ? Doit-on se contenter d’une critique littérale du document et de ses insuffisances ? C’est une première étape indispensable pour trier le vrai du faux dans le flot de commentaires dithyrambiques déversés depuis la conclusion du sommet du Bourget. Est-il satisfaisant de s’en arrêter là ? Ce serait passer à côté de la force singulière qui caractérise aussi l’issue de la COP21 : un moment d’engagement inédit pour le climat porté par un nouvel idéal politique, celui des communs. Les communs – et pas seulement les « biens » communs – au sens politique du terme tel que défini par Pierre Dardot et Christian Laval, ce sont les activités collectives de ceux qui s’opposent à l’appropriation privée de biens essentiels et irréductibles : l’eau, l’air, les forêts, les mers…