Les Pays-Bas à la manœuvre pour sauver l’accord avec l’Ukraine

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Le premier ministre néerlandais a obtenu jeudi à Bruxelles des garanties sur le traité avec l’Ukraine. Il veut faire ratifier ce texte par le parlement, après son rejet par référendum… Pour l’Europe, c’est l’avenir du bras de fer avec Moscou qui se joue.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. - À l’issue du sommet européen jeudi soir à Bruxelles, Mark Rutte, le chef du gouvernement néerlandais, s'est sans doute senti soulagé. Le libéral a quitté la capitale belge avec des garanties qui pourraient l’aider à obtenir une majorité au parlement, sur un dossier très sulfureux dans ce pays de 17 millions d’habitants : l’accord d’association conclu entre l’Ukraine et l’Union européenne, que les Néerlandais ont rejeté par référendum en avril.

« Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour essayer de sauver l’accord », a déclaré le Polonais Donald Tusk, le président du conseil européen, en clôture du sommet jeudi soir. Avant de mettre la pression sur le parlement, à La Haye : « Nous comptons maintenant sur nos collègues néerlandais. » « Ça n’a pas été facile. Ça n’a pas été agréable. Mais c’était nécessaire, parce que cela va permettre à l’UE de maintenir un front uni, face à la politique étrangère russe et ses effets déstabilisants », a déclaré, de son côté, Rutte, en référence aux négociations avec certains de ses 27 partenaires.

L’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine inclut une partie politique et un chapitre commercial (où il est surtout question de baisse de droits de douane), afin de soutenir, dit-on à Bruxelles, l’économie ukrainienne. Ce texte – que Moscou voit bien sûr d'un mauvais œil – devait entrer en vigueur de manière définitive en janvier 2017. Mais la dynamique a été suspendue, après son rejet lors d’un référendum organisé en avril 2016 aux Pays-Bas. Le « non » l’avait emporté avec plus de 61 % des voix, avec un taux de participation modeste, de 32 %, à peine supérieure au taux de 30 % nécessaire pour valider le résultat.