A Madrid, les mouvements anti-expulsions s’impliquent in extremis dans la campagne

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C’est un effet collatéral de l’arrivée de nouveaux partis en Espagne : les mouvements sociaux surgis au début de la crise ont, eux, baissé en intensité. La Plateforme anti-expulsions cherche aujourd’hui à influencer ses alliés « institutionnels ».

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De notre envoyé spécial à Madrid.- La centaine d’activistes s’est massée au pied de la statue de Cervantes. À deux pas du Congrès des députés, malgré la présence policière musclée, ils reprennent en chœur des slogans bien connus dans l’Espagne en crise : « Il y a des enfants qui dorment dehors et tout le monde s’en fout », ou « Oui, c’est possible » (Sí, se puede). Aux touristes en route vers le Prado et aux passants qui s’arrêtent, interloqués, ils conseillent : « Ne nous regarde pas, rejoins-nous ! » Beaucoup de ces militants revêtent le t-shirt vert emblématique de leur organisation, la Plateforme contre les expulsions immobilières (PAH), l’un des mouvements sociaux les plus inventifs du pays.

Lancé dès 2009 en Catalogne, ce réseau, qui fait travailler ensemble des avocats, des assistants sociaux ou encore des familles victimes d’expulsions, a essaimé, à partir de 2011 et du mouvement « indigné », dans toute l’Espagne. Il veut bloquer les « dizaines de milliers » d’expulsions toujours en cours dans le pays, selon les chiffres de la PAH (sur un total d’environ 650 000 opérations depuis l’éclatement de la bulle immobilière). Le collectif, qui réalise un travail d’aide juridique et de soutien psychologique bénévole pour les ménages endettés, reste associé à la figure d’Ada Colau, l’une de ses co-fondatrices, même si la Catalane a quitté la plateforme en 2014, et s’est fait élire maire de Barcelone en 2015.