Bangladesh: une étudiante brûlée vive pour avoir dénoncé son agression

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Nusrat Jahan Rafi est morte le 10 avril à l’âge de 19 ans, après avoir été brûlée par des étudiants voulant l’obliger à retirer sa plainte pour harcèlement sexuel contre le directeur de l’université. Avant sa mort, elle a enregistré une vidéo dénonçant ses agresseurs et réaffirmant ses accusations.

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La première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a affirmé, vendredi 19 avril, qu’aucun « coupable n’échapperait à l’action légale » après le meurtre d’une étudiante, brûlée vive après avoir accusé le directeur de son école d’agression sexuelle, rapportent Le Monde et l’AFP.

Nusrat Jahan Rafi est morte le 10 avril à l’âge de 19 ans des suites de ses blessures, le corps brûlé à 80 %. Avant son décès à l’hôpital, la jeune femme a eu la force d’enregistrer une vidéo dans laquelle elle affirmait avoir reconnu des camarades de classe parmi ses agresseurs. Elle y maintenait également ses accusations d’agression sexuelle à l’encontre du directeur de l’université. « Il m’a touchée, disait-elle. Je me battrai contre son crime jusqu’à mon dernier souffle. »

Au mois de mars dernier, Nusrat Jahan Rafi avait déposé plainte pour harcèlement sexuel contre son directeur. Selon les enquêteurs, le 10 avril, un groupe d’étudiants l’a attirée sur le toit du séminaire islamique et a fait pression sur elle afin qu’elle retire sa plainte. La jeune femme a refusé, a été attachée et aspergée de kérosène, auquel ses agresseurs ont mis le feu. Nusrat Jahan Rafi a cependant pu se libérer et s’échapper.

Dix-sept personnes ont été interpellées dans cette affaire. Vendredi, la police a annoncé que l’une d’elles avait directement mis en cause le directeur de l’université, qui serait le commanditaire du meurtre. Il « leur avait dit de faire pression sur Nusrat Jahan Rafi pour qu’elle retire sa plainte ou de la tuer en cas de refus de sa part », a indiqué la police.

La révélation de cette affaire a suscité une vive émotion dans le pays. De nombreuses associations de défense des droits humains dénoncent la lenteur des autorités et des enquêteurs, ainsi que le refus de prendre en compte la plainte déposée en mars dernier. Le policier ayant reçu Nusrat Jahan Rafi à l’époque lui avait ainsi répondu : « Ce n’est pas grand-chose. »

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