Les Kényans, cobayes des applis de microcrédit

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Des millions de Kényans contractent des microemprunts via leurs téléphones portables, et font le succès d’un secteur aux confluents de la finance et de la technologie, tourné vers les populations pauvres. Un défi pour les autorités, entre gestion des données personnelles des clients et risques de surendettement.

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Nairobi (Kenya), de notre correspondante.– Dans un costume de seconde main étriqué, Ochwacho Ojango tapote nerveusement sur son bureau. Son minibus privé, sa principale source de revenus, est en réparation depuis plusieurs semaines. Il passe ses journées assis dans les locaux bruyants d’une petite coopérative de chauffeurs, désœuvré. Sortant un smartphone de sa poche, il pointe du doigt une série de chiffres sur l’écran : le bilan de ses dettes auprès de Tala, une start-up américaine de microcrédit opérant au Kenya.