En Turquie, la société civile face au risque de la répression

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prononcé mercredi soir l'état d'urgence pour trois mois dans son pays. Une mesure de plus, après les purges sans précédent qui se succèdent dans la fonction publique depuis la tentative de putsch, vendredi dernier. À Istanbul, chez les militants et universitaires, l'inquiétude domine.

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Istanbul (Turquie), de notre envoyée spéciale.- Sur le fronton du campus Haydarpasa de l'université Marmara, sur la rive asiatique d'Istanbul, un large drapeau est suspendu depuis quelques heures, ce jeudi 21 juillet. « C'est la première fois que je vois cela sur mon université », lâche Ibrahim Kaboglu, le ton léger, comme si l'omniprésence du drapeau national depuis ce week-end dans tout Istanbul, sur les bus, les bateaux, aux fenêtres d'immeubles d'habitations… n'était finalement qu'un épiphénomène dans ce qui est en train de s'installer depuis le putsch manqué de vendredi dernier. Après cette tentative de coup d’État fomentée par une partie de l'armée turque, le gouvernement a écarté, au total, près de 70 000 personnes de la fonction publique. D'abord visant la police, l'armée et la justice, ce vaste coup de balai a ensuite touché les enseignants, l'université, plusieurs ministères. Et l'état d'urgence a finalement été prononcé mercredi soir, comme pour légitimer, après-coup, cette intervention sans précédent.