Fraude fiscale: le PSG, Di Maria et Pastore perquisitionnés

Après la publication des Football Leaks et les révélations de Mediapart concernant la possible complicité du PSG dans le circuit d'évasion fiscale d'Angel Di Maria, le club parisien ainsi que ses deux vedettes argentines ont été perquisitionnés ce mardi matin, selon nos informations.

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L’année 2017 du PSG était mauvaise. Elle pourrait virer au cauchemar. Selon nos informations, ce mardi matin, sur le coup de 6 heures, des policiers ont frappé à la porte des joueurs argentins du PSG Angel Di Maria et Javier Pastore, et pas pour leur demander des autographes. Plus tard dans la matinée, le siège social du Paris Saint-Germain au Parc des Princes et des bureaux administratifs du club à Boulogne-Billancourt ont également été perquisitionnés par les agents de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), dans le cadre de l’enquête ouverte le 20 décembre par le parquet national financier pour « blanchiment de fraudes fiscales aggravées » suite aux révélations des Football Leaks.

Il s’agit de la première perquisition de ce type en Europe depuis la publication de cette gigantesque enquête en décembre par Mediapart et ses partenaires de l’European investigative collaborations (EIC), lors de laquelle nous avions révélé le circuit d’évasion fiscale d’internationaux argentins de renom, dont Javier Pastore et Angel Di Maria (lire nos enquêtes ici et ). Mais la perquisition au siège fait surtout suite aux nouveaux éléments publiés le 10 mai par Mediapart et l’EIC, qui conduisent les enquêteurs à s’interroger sur la possible complicité du PSG dans l’évasion fiscale de certains de ses joueurs.

À quatre jours d’une finale de Coupe de France contre Angers qui est quasiment devenue son match le plus important de l’année après ses échecs en championnat et en Ligue des champions, et au lendemain de nos révélations sur l’argent placé à Malte par Edinson Cavani, cela commence à faire beaucoup : les joueurs et le club auront plus fait parler d’eux cette année pour des comptes bancaires dans des paradis fiscaux que pour de nouvelles lignes à leur palmarès.

Maigre consolation : les joueurs parisiens ne sont pas les seuls à être concernés. L’attaquant argentin de Nantes Emiliano Sala a lui aussi vu son domicile perquisitionné ce matin, puisqu'une commission d'intermédiaire liée à son transfert à Nantes a transité par des circuits proches, via l’« Argentinian connection » du football (lire ici). Mais le FC Nantes est pour l’instant épargné. Et pour cause : rien ne prouve à ce stade que le club de la Loire savait que de l’argent aboutissait dans des paradis fiscaux.

Pour l'instant, Angel Di Maria et le PSG font le dos rond © Reuters Pour l'instant, Angel Di Maria et le PSG font le dos rond © Reuters
Le PSG ne peut pas en dire autant. D’après le contrat du 6 août 2015 que nous avons publié il y a 13 jours, le club est en effet directement associé à une structure offshore. En bas de l’accord, a priori toujours en vigueur, figurent les signatures de Jean-Claude Blanc, numéro 2 du club et président du PSG merchandising, et celle de la société panaméenne Sunpex, gérant les droits à l’image d’Angel Di Maria.

Plus embêtant encore : le contrat prévoit que le club touche 30 % de l’argent versé par certains sponsors à Angel Di Maria. En contrepartie, le club doit « aider le joueur à développer, négocier et organiser de nouvelles activités génératrices de revenus ». Ce qui s’est déjà produit une fois, reconnaît le PSG.  

D’après nos calculs, Angel Di Maria a touché au travers de ce montage offshore, et sur les seules années 2013-2106, au moins 5,1 millions d'euros, qui ont in fine atterri en toute discrétion sur un compte en Suisse détenu par Sunpex.

Le club parisien se défend en expliquant que « PSG Merchandising n’a jamais perçu de commission d’une société implantée dans un paradis fiscal ». Et c’est vrai, puisque l’argent transitait par une société-taxi, LMP Bomore BV, enregistrée aux Pays-Bas. Il n’empêche : le PSG aura bien du mal à convaincre les enquêteurs qu’il ne savait pas où atterrissait l’argent de Di Maria. Il est écrit noir sur blanc dans le contrat que Sunpex est immatriculée au Panama. Et Angel Di Maria n’est pas Julio Dely Valdès, l’attaquant international panaméen du PSG des années 1995-1997.

Six mois après la publication des Football Leaks, le monde du football peut s’inquiéter. Ces perquisitions surviennent quelques jours après que le site El Confidencial a annoncé que le cas Ronaldo allait être transmis à la justice espagnole.

Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

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