La Chine avant la COP21 (2). La société se mobilise face à la crise environnementale

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Face à la multiplication des catastrophes environnementales et à l'impossibilité de s'organiser au niveau national, les citoyens chinois manifestent de plus en plus ouvertement leur mécontentement. Des oppositions parfois violentes aux projets industriels se multiplient, en ville mais aussi dans les zones rurales.

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Dès 2005, l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement (devenue ministère de l'environnement en 2008) fait officiellement état de 5 000 « incidents de masse liés aux questions environnementales ». Cet euphémisme, qui désigne les manifestations publiques liées à la pollution qui regroupent plus de cent personnes, souligne que, dès le départ, les autorités abordent le problème environnemental sous un angle politique, comme enjeu de la stabilité sociale. L'écologie entre dans le radar du gouvernement à partir du moment où elle est considérée comme remettant en cause la stabilité sociale et donc potentiellement le monopole du pouvoir du Parti. La réponse apportée aux griefs des manifestants, qu'elle prenne la forme de concessions ou de répressions, a pour but principal d'éviter de prolonger une situation d'instabilité sociale. C'est d'ailleurs pour cela que, très souvent, les industriels se contentent de fermer une usine quelque part pour la rouvrir ailleurs, en général dans une zone plus éloignée et moins développée.