Ce qui distingue les droites réactionnaires en Pologne et en Hongrie

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Le nouveau gouvernement à Varsovie a annoncé, depuis son entrée en fonctions début novembre, une série de mesures fracassantes mettant à mal certains principes de la démocratie polonaise. Face à ce virage autoritaire, la société civile proteste et dénonce une « orbanisation » de la Pologne, du nom du premier ministre hongrois. Varsovie et Budapest sont-elles en train de prendre le même chemin ?

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« Le Polonais, le Hongrois, deux cousins, à l'épée comme au verre. » L'adage bien connu en Pologne comme en Hongrie est de circonstance (« Polak, Węgier, dwa bratanki, i do szabli, i do szklanki » en polonais ; « Lengyel, magyar, két jó barát, Együtt harcol s issza borát » en hongrois). Varsovie et Budapest semblent reprendre le chemin d'une amitié historique à la faveur de la victoire des ultraconservateurs polonais aux législatives du 25 octobre. Le nouvel exécutif polonais ne s'est en effet pas fait attendre pour afficher son orientation. À peine quelques semaines après sa prise de fonctions, il a annulé la nomination de cinq juges au tribunal constitutionnel et fait voter une loi visant à paralyser l'action de cette cour ; il a manifesté sa volonté de prendre le contrôle des médias publics du pays, et il a démontré des méthodes discutables, comme la grâce accordée à l'un de ses ministres, sous le coup de poursuites judiciaires depuis la fin des années 2000.