Un accord commercial entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest menace le lait africain

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Les industriels européens du lait seront parmi les grands bénéficiaires de l’accord de libre-échange que la Commission européenne tente d’imposer à l’Afrique de l’Ouest. Au détriment des filières de production locales, qui peinent déjà à vivre.

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Du lait en poudre mélangé avec de l’eau : c’est ainsi que beaucoup de Sénégalais consomment depuis plusieurs décennies le lait, en particulier dans la capitale, Dakar. La poudre de lait qu’ils utilisent a une caractéristique : elle vient d’Europe. Il existe pourtant une production locale de lait, mais par manque de moyens et de soutien politique, elle arrive rarement jusqu’en ville. Cela sera encore longtemps le cas si l’Afrique de l’Ouest ratifie l’accord de libre-échange que la Commission européenne cherche à lui imposer depuis plusieurs années. Cet « accord de partenariat économique » (APE) régional prévoit de faire tomber à zéro le niveau des barrières douanières pour le lait en poudre et un certain nombre d’autres produits européens entrant dans les quinze États membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Jugeant ce traité néfaste pour leurs économies, le Nigeria et la Gambie refusent de le signer.