C’est l’obsession de Podemos depuis sa création : passer devant les socialistes du PSOE. Jean-Luc Mélenchon, lui, y est parvenu en France, alors même que beaucoup de cadres de Podemos, à Madrid, ont longtemps douté de la stratégie du candidat français.
Le premier tour de l’élection présidentielle de 2017 est marqué par le niveau historiquement faible de la gauche et l’émergence d’un centre indépendant capable de contester le pouvoir aux blocs de droite et de gauche qui y alternaient jusqu’à présent.
Marine Le Pen se qualifie pour le second tour avec 21,3 % des suffrages et bat son record de voix. Mais en manquant la première place, elle ne parvient pas à lancer une dynamique réelle pour espérer la victoire. Décryptage d'un résultat en demi-teinte pour le FN.
Le candidat de La France insoumise a échoué à créer la surprise lors du premier tour de la présidentielle, en finissant à la quatrième place. Il a réservé son appel au vote pour le second tour. En arrivant très largement devant le PS, il se place comme incontournable à gauche pour la reconstruction à venir.
Après des semaines de campagne au son des casseroles et des « Rends l’argent », François Fillon est éliminé. Bien décidés à ne pas endosser la responsabilité de cette défaite, nombre d’élus LR l’attaquent ad hominem. En coulisses, beaucoup préparent la suite.
L'élimination des candidats des deux grands partis de gouvernement, l'irruption en tête du centriste Macron, la percée spectaculaire de La France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon sont un bouleversement sans précédent depuis 1958. Chaque camp parle d'une recomposition complète du champ politique. Tout est à reconstruire.
La campagne de Marine Le Pen est poussive. La stratégie de notabilisation qui devait élargir son électorat n’a pas été menée sérieusement. À la veille du premier tour, elle n'a pas forgé un thème fédérateur positif lui permettant de résister au rouleau compresseur attendu pour l’entre-deux-tours.
Le candidat socialiste espère limiter, dimanche, l'ampleur de sa défaite annoncée. Prisonnier de l'appareil du PS et de ses propres hésitations malgré un programme renouvelé, il n'a jamais réussi à prendre la main sur une campagne chaotique.
Emmanuel Macron était inconnu des Français il y a trois ans. À 39 ans, il prétend devenir président de la République au terme d’une campagne 2.0, ultra-marketée, dont il est le produit principal. Récit d’une campagne où l’énarque orthodoxe s'est affiché en homme neuf.