Marine Le Pen et Emmanuel Macron utilisent parfois les mêmes mots, pour dire des choses radicalement différentes. Leurs propos sur la culture en sont un bon exemple. Ils révèlent une vision nationale et identitaire, quasi ethnique, chez la dirigeante du FN. Ils décrivent la culture comme un outil d'émancipation individuelle chez le candidat d’En Marche!.
Les contemporains d’un désastre mesurent rarement la proximité du gouffre. Face à la possibilité d’une victoire du FN le 7 mai, la gauche se déchire. La seule leçon de l’Histoire est cette difficulté de ressentir l’inédit.
Dans les métropoles gagnantes de la mondialisation, les votes divergent de ceux du reste du pays. Le FN y est plus que jamais sous-représenté, et la gauche y progresse ou résiste plus qu’ailleurs. Macron y apparaît comme un médiateur entre les élites du marché et celles du savoir.
Pendant deux heures et demie de débat, mercredi soir, Marine Le Pen a cherché le pourrissement. Emmanuel Macron a tenté de faire face en déroulant son projet d'inspiration libérale.
Marine Le Pen ne veut plus effrayer avec une éventuelle sortie de l'euro et reprend à présent, avec son nouvel allié Nicolas Dupont-Aignan, une évolution vers une « monnaie commune » qu'elle identifie à l'ancienne « ECU ». Cette confusion cache des idées fondamentalement floues et imprécises qui visent à satisfaire les exigences contradictoires de l'électorat frontiste.
Selon les défenseurs de l'environnement, qui tirent la sonnette d'alarme, la région vit sous la menace de projets de loi destructeurs pour les réserves naturelles et territoires indigènes : au Parlement, les défenseurs du lobby de l'agriculture constituent une force à laquelle le président par intérim, Michel Temer, ne peut rien refuser.
Le débat de ce mercredi 3 mai entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la candidate d'extrême droite, est inédit. Marine Le Pen n'hésitera pas à utiliser les outrances rhétoriques qu'elle a héritées de son père. Emmanuel Macron, lui, promet un « corps à corps ». Il serait bien inspiré de méditer les leçons du match Trump-Clinton…
Marine Le Pen affirme représenter « les patriotes » contre le « mondialiste » Emmanuel Macron, lequel affirme que « les patriotes » sont avec lui, et qu'en face, ce sont « les nationalistes », tandis que les manifestants scandaient lundi 1er mai « Marianne, pas Marine ». Se retrouve là l'expression antagonique de deux nationalismes qui ont traversé l'histoire de France.
À six jours du second tour, Emmanuel Macron tente de convaincre les indécis en leur donnant enfin quelques gages. Mais son principal argument reste la possibilité d'une victoire de l'extrême droite dimanche 7 mai.
Figure de la « droite décomplexée », Christian Estrosi veut aujourd’hui s’imposer comme le héraut de la bataille contre l’extrême droite. Une posture qui ne laisse pas d’étonner tous ceux qui ont suivi son cheminement politique, de Jacques Médecin qui disait partager les thèses du FN « à 99,9 % », à Nicolas Sarkozy qui en a repris les mots et les idées.