Dominique Peutevynck s'est suicidé le 21 août 2004. Il était salarié de la centrale nucléaire EDF d'Avoine, près de Chinon (Indre-et-Loire). Dans les mois qui avaient précédé son geste, le médecin du travail avait tiré la sonnette d'alarme sur l'état de «souffrance professionnelle» des salariés de son service. EDF n'avait pas réagi. Le 30 novembre, le tribunal des affaires de sécurité sociale se prononcera sur la faute de l'entreprise. Les enjeux sont essentiels: il en va de la responsabilité d'une organisation managériale dans son ensemble, et pas seulement d'un supérieur hiérarchique. Mais aussi de la reconnaissance que la dépression peut être une maladie professionnelle.
Sous l'impulsion de Daniel Cohn-Bendit, le rassemblement écologiste donne le sentiment de vouloir recentrer l'axe politique, en se déportant vers le MoDem. Pourtant, les ralliements de Stéphane Gatignon, maire PCF de Sevran (Seine-Saint-Denis), ou d'Emmanuelle Cosse, ancienne présidente d'Act Up et figure de la gauche mouvementiste, inclinent à nuancer l'analyse. Et si Europe-Ecologie devenait l'un des lieux d'accueil de ceux qui, à la gauche du PS, sont lassés des divisions permanentes?
La presse a beaucoup parlé des 751 millions d'euros perdus dans le courant du mois d'octobre 2008 par les Caisses d'épargne. Mais personne, ou presque, ne s'est intéressé à une autre affaire, presque identique, celle du « Conduit Sémillon », qui a fait perdre à la banque de 435 millions à 500 millions d'euros sur des marchés ultrarisqués.
La pression est trop forte: l'entreprise ne peut plus seulement plaider la vie privée de ses salariés pour expliquer les cas de suicide. Renault et d'autres semblent donc dessiner une nouvelle stratégie: se référer à une «autopsie psychologique» réalisée par des psychiatres après la mort, et qui souligne la fragilité des salariés décédés. La méthode fait scandale dans le monde de la médecine et du travail.
Dans une version complaisante servie à l'opinion, la perte de 751 millions d'euros subie par les Caisses d'épargne en octobre 2008 a été présentée comme le résultat malencontreuxd'une spéculation à hauts risques prise parun jeune trader. Erreur! Nous mettons en ligne de nombreux courriers de la Commission bancaire (le gendarme du secteur bancaire), attestant que des alertes avaient été faites sur les dysfonctionnements de la banque. Mais ces alertes sont restées confidentielles et n'ont été que partiellement prises en compte. Nous reconstituons la chronique d'une crise annoncée depuis plusieurs années.
Dans un entretien exclusif, à lire ici, l'homme d'affaires Michel Lamarque évoque le rôle – décisif – qu’il dit avoir joué dans la libération, en 1994, de onze membres de l’association Première Urgence, tombés aux mains des Serbes de Bosnie. Cet homme a affirmé au juge Hullin qu’à la demande du gouvernement Balladur, il a distrait 20 millions de francs de la comptabilité de l’Association nationale des arts du cirque, afin de libérer les otages. Les fonds auraient été destinés au général Ratko Mladic (photo), toujours recherché.
On pensait connaître l'histoire des 751 millions d'euros perdus par les Caisses d'épargne en octobre 2008: elle a été présentée comme le résultat malencontreux d'une spéculation à hauts risques d'un jeune trader. Or Mediapart apporte la preuve, documents confidentiels à l'appui, que c'est bien plutôt la conséquence d'un désastre annoncé de longuedate, tant les dysfonctionnements de la chaîne hiérarchique étaient anciens et graves. Témoin cette mise en garde du directeur des risques du groupe, huit mois avant cette perte historique: « Si quelqu'un (...) voulaitcacher une perte de trading aujourd'hui, il pourrait le faire sans quela direction des risques Groupe (...) puisse s'en apercevoir avant uncertain temps. (...) Dans le contexte actuel, on joue avec le feu. » Nul n'a voulu entendre l'alerte et son auteur a été licencié. Enquête.
L'investiture des candidats aux régionales est traditionnellement source de tensions au PS. Exemple, le courant Espoir à gauche (EAG) issu de la motion portée par Ségolène Royal au congrès de Reims se déchire à Paris. En cause, la mise à l'écart de Dominique Bertinotti, une proche de la présidente de Poitou-Charentes. La maire du IVe arrondissement dénonce un mode de scrutin interne «contraire aux valeurs de la démocratie participative». David Assouline, sénateur proche de Vincent Peillon et mandataire d'EAG dans la capitale, explique n'avoir «aucun compte à régler».
C'est une enquête horsnormes, dont Mediapart commence aujourd'hui la publication. Hors normes parce qu'elle s'appuie sur plus d'une vingtaine dedocuments confidentiels, que nous dévoilerons au gré des sept volets de notresérie. Ces documents apportent des éclairages souvent saisissants sur les dysfonctionnements qui ont plongé les Caisses d'épargne dans une crisesans précédent. Aussi, parce qu'elle vient illustrer certains des mécanismes de lacrise financière qui a secoué la planète avant de se transformeren une crise économique historique. Enfin, parce qu'elle vient confirmer,et même au-delà, le bien-fondé d'une première enquête conduite parMediapart, qui avait fait l'objet d'une rafale de plaintes en diffamation,intentées par l'ancienne direction de la banque contre notre journal – plaintesqui viennent d'être retirées. Puisque le procès que voulait nous intenter la direction des Caisses d'épargne, l'ancienne et la nouvelle, n'aura pas lieu, notre offre de preuves, c'est à nos lecteurs que nous la devons: la voici!
Deux filiales des Caisses d'épargne ont consenti en 2008 des financements controversés à la société Gulf Leaders, propriété d'un proche du prince Nayef ben AbdelAziz, ministre de l'intérieur d'Arabie saoudite et demi-frère du roi Abdallah. Le premier financement, portant sur la construction d'un hôpital à Damman, a donné lieu à une commission de 4,5 millions de dollars. Selon un rapport de la banque, il pourrait s'agir «purement etsimplement (...) d'une escroquerie». Le second financement, de 45 millions de dollars, a été consenti pour l'achat d'un jet Falcon 900 EX, dont le prix, ordinairement, est d'environ 32 millions de dollars! Deux commissions auraient été versées, dont une de 2,2 millions de dollars. La nouvelle direction de la banque n'a pas saisi la justice, mais un tribunal privé d'arbitres.