Les remèdes du président de la République pour renforcer l’unité nationale sont surannés et sous-calibrés par rapport aux défis réels de notre société. L’intention est surtout contradictoire avec le reste de sa politique, qui favorise le séparatisme social.
En prétextant le déclin démographique, Emmanuel Macron ravive le débat nataliste, dont a toujours su profiter l’extrême droite. Et ce, au détriment de l’autonomie des femmes et d’une fécondité contrôlée. Une régression digne de l’entre-deux-guerres.
L’Europe et sa projection nord-américaine se revendiquent d’une universalité des droits humains que leurs actes n’ont cessé de contredire. Face à leur inaction devant la destruction de la Palestine par l’État d’Israël, c’est l’Afrique du Sud qui, aujourd’hui, défend cet universel.
Le nouveau premier ministre est le plus jeune de la Cinquième République. Il est aussi ouvertement gay. Ce n’est pas anodin dans un pays où des élus ont longtemps caché leur homosexualité. Mais cette visibilité ne gomme pas le bilan d’un fidèle parmi les fidèles de Macron.
En sortant de son chapeau deux mots chargés de cette autorité qui lui manque, Emmanuel Macron joue avec le feu rhétorique, tant ils renvoient aux troubles paniques d’une France au tropisme absolutiste. Rappel lexicologique.
Les vœux vespéraux d’Emmanuel Macron pourraient être les derniers tant l’exercice paraît vain, l’émetteur usé, les récepteurs à bout de nerfs. Comme si tournait désormais à vide le verbe agonisant du président sépulcral d’une Ve République caverneuse.
Il y a un an, Mediapart publiait la première enquête sur les violences sexuelles dans les maisons de retraite. Elle dévoilait le calvaire d’une centaine de résidentes agressées sexuellement ou violées, mais aussi l’inaction de l’État. Depuis, les signalements se multiplient, sans aucune réponse d’envergure.
Depuis le 7 octobre, les idées du professeur américain Samuel Huntington sont à nouveau vantées, au service d’un idéal de repli identitaire. Pourtant, ces thèses fragiles ont été largement démontées, sur le plan empirique comme théorique.
Le chef de l’État a défendu mercredi la loi qui fait triompher les idées de l’extrême droite. Faisant le lien entre immigration et insécurité, il n’a pas pris la peine de mentionner tous les obstacles que doivent affronter les étrangers, directement liés aux défaillances de nos politiques migratoires.
Appelé à s’expliquer sur la crise politique déclenchée par le vote de la loi « immigration » inspirée de l’extrême droite, le président de la République s’est lancé dans une défense acharnée de Gérard Depardieu. Comme pour les affaires Hulot, Darmanin ou Abad.