La France souffre d'un complexe libéral. Plus ouverte que beaucoup d'autres pays aux investisseurs étrangers, elle s'interdit de constituer elle-même un fonds souverain, en unissant par exemple les forces de frappe financière de la Caisse des dépôts et consignations et du Fonds de réserve des retraites. Résultat, le débat économique français fait l'impasse sur des questions importantes: en quoi la présence de l'Etat français est illégitime au capital d'un groupe comme Total, mais pas celle des monarchies du Golfe?
La Réserve fédérale des Etats-Unis veut obtenir très vite du Congrès américain l'autorisation de rémunérer les réserves que les banques sont contraintes de lui confier. Derrière cette mesure d'apparence technique, il y a l'aveu que le pilotage de la politique monétaire est devenu de plus en plus difficile dans l'anarchie financière qui règne aux Etats-Unis. Ces contorsions contrastent avec la fermeté qui a guidé la main de la Banque centrale européenne depuis l'éclatement de la crise des «subprime» l'été dernier.
Le voyage que vient d'effectuer le président de la République en Tunisie marque un tournant. C'en est officiellement fini des références bravaches aux droits de l'homme dont la France serait l'ambassadrice naturelle de par le monde. Au-delà du reniement des promesses électorales, que signifie ce tournant? Une simple conversion politicienne à la realpolitik? Ou bien une conviction plus profonde et autrement alarmante?
Ironie de l'actualité. Chez Peugeot Motocycles (Doubs), les salariés ont accepté de renégocier leurs 35 heures sous la menace d'une délocalisation. A Amiens (Picardie), ceux de Goodyear n'ont pas accepté la renégociation de leur temps de travail. La direction a annoncé aussitôt 400 suppressions d'emploi. Le chantage à l'emploi a de beaux jours devant lui.
Le Centre international d'études pénitentiaires (ICPS) vient de fournir les derniers chiffres sur le taux d'incarcération dans le monde. Les Etats-Unis demeurent le plus mauvais élève et si la France ne semble pas aussi répressive que l'ami américain, les données cachent des réalités différentes selon la zone géographique.
Nicolas Sarkozy a dû repousser à jeudi son interview télévisée, pour cause d'obsèques nationales d'Aimé Césaire. Mais, sur place, il fut contraint au silence, interdit de discours pendant que le peuple martiniquais enterrait l'auteur du Discours sur le colonialisme.
La Société générale a annoncé vendredi une réforme de sa gouvernance. Daniel Bouton reste mais il sera président du groupe. Il abandonne la direction générale à Frédéric Oudéa. Après l'affaire Kerviel, la banque estime que ce chapitre est clos. Le conseil du 12 mai entérinera les comptes du premier trimestre qui, selon la banque, «illustreront sa capacité de rebond».
Silvio Berlusconi, à la tête du Peuple de la liberté (PDL), a remporté une écrasante victoire lors des élections des 13 et 14 avril. Lire également: les socialistes français croient toujours en Veltroni.
Le ministre de l'Immigration vient coup sur coup de «sauver» de l'expulsion deux femmes en situation irrégulière. Plutôt qu'un revirement dans la politique du chiffre initiée par Nicolas Sarkozy, il s'agit d'un témoignage indirect de l'arbitraire qui régit les pratiques actuelles en matière de reconduites à la frontière.
C'était un robuste nanard, tourné par Jean Yanne au début des années 1970: l'Armée populaire de libération occupait la capitale depuis son siège des Galeries Lafayette. Avec le parcours pour le moins chaotique de la flamme olympique à Paris, l'histoire fait mine de se répéter. Et les autorités françaises sont bien embarrassées.