Le gouvernement a beau taper du poing sur la table pour choyer le pouvoir d’achat des agriculteurs, ses mesures sont contournées par la grande distribution et par les industriels de l’agroalimentaire. Et ce malgré les trois lois Egalim censées garantir un meilleur équilibre des relations commerciales.
Très attendu sur l’agriculture, Gabriel Attal n’a pas dévié, dans son discours de politique générale, de ce qu’il avait déjà annoncé vendredi. Et tout en promettant de « désmicardiser » la France, il a soigneusement évité de parler des revenus du secteur agricole.
Le politiste Andy Smith décrit les ressorts anciens d’un modèle agricole devenu insoutenable, et les remèdes structurels qui seraient nécessaires : administration des prix, plan de désendettement conditionné aux bonnes pratiques, régulation commerciale…
Des milliers de tracteurs bloquent des autoroutes dans une grande partie du pays. La colère agricole a monté d’un cran lundi 29 janvier. Le gouvernement annonce vouloir prendre des mesures dès mardi. Reportage dans le Lot-et-Garonne et dans le Val-d’Oise.
Le politiste Guillaume Letourneur, spécialiste du Rassemblement national en zone rurale, revient sur la stratégie du parti d’extrême droite pour se positionner comme le porte-parole d’une France des campagnes menacée « d’effacement ».
Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, l’extrême droite s’affiche sans relâche auprès des agriculteurs en colère. Berceau des révoltes vigneronnes, le Midi rouge, alors associé à la gauche communiste et socialiste, a tendance à virer au brun.
Courtisée par l’extrême droite, la Coordination rurale est un des acteurs de la mobilisation en cours. Elle se bat à la fois contre la mondialisation et les mesures écologiques, avec des méthodes parfois violentes. Les appels à bloquer Paris lundi se multiplient.
Le célèbre tableau du Louvre, protégé par une vitre blindée, n’a pas été endommagé. L’action militante, revendiquée en défense d’une « alimentation saine et durable », s’ajoute à la longue liste des opérations écologistes dans les musées.
Le gouvernement a promis dimanche un « dispositif défensif important » face à la volonté d’agriculteurs d’entamer un « siège » de Paris à partir de lundi, tandis que la FNSEA a prévenu que la mobilisation de la profession resterait « totale ».
Le secteur agricole est d’abord un secteur capitaliste confronté à une pression à la baisse de sa rentabilité qui doit faire face à la double crise écologique et économique.
Mathieu Favodon, éleveur auvergnat de bovins, n’a pas envie de se joindre aux manifestations, récupérées, selon lui, par la FNSEA et la Coordination rurale. Mais il se dit solidaire du mouvement car il voit se dégrader ses conditions de vie. Il juge que les annonces du gouvernement ne suffiront pas.
Quelques jours de blocages routiers, sous la bénédiction des autorités, auront suffi pour décrocher le maintien de la niche fiscale sur le gazole agricole et plusieurs mesures de simplification. Rien n’a été annoncé, en revanche, sur les revenus, racine profonde du malaise. Et la FNSEA appelle à poursuivre le mouvement.
Feu devant la préfecture, autoroute bloquée : le Lot-et-Garonne est un des points chauds de la mobilisation agricole. La Coordination rurale, classée à droite, y occupe le terrain. Rejet de l’agroindustrie, progression du bio et déni climatique : ses positions sont déroutantes.
Scientifiques, ONG et professionnels alertent sur des techniques de pêche massive qui détruisent les écosystèmes et la pêche côtière. Des pratiques d’autant plus choquantes que des centaines de pêcheurs-artisans sont actuellement contraints de rester à quai dans le golfe de Gascogne.
Galvanisés par un arrêté du Conseil d’État leur interdisant de pêcher dans le golfe de Gascogne, du Pays basque au Finistère, des pêcheurs-artisans bretons ont en tête une potentielle convergence des luttes contre l’Europe et les normes.
Dans les cortèges de tracteurs qui ont convergé vers Strasbourg mercredi, les agriculteurs se sont confiés sur leur baisse de revenus. Ils dénoncent des prix de vente qui chutent, une concurrence avec des pays aux normes moins contraignantes et des augmentations de charges.