Gabriel Attal a présenté, mercredi matin, les dernières propositions du gouvernement pour répondre à la colère agricole, alors que le Salon de l’agriculture ouvre ses portes samedi. Sans surprise, plusieurs questions restent sans réponse.
Depuis fin janvier, l’« Annelies Ilena », 143 mètres de long, est exploité par la Compagnie des pêches de Saint-Malo. Une aberration écologique et économique pour élus, pêcheurs et défenseurs de l’environnement. L’arrivée du navire interroge aussi sur la répartition des quotas.
Avec de l’argent public, le premier port de pêche français a participé à un appel à projets pour développer le port de Duqm à Oman. Mais malgré les promesses, les retombées économiques sont hasardeuses. Et le montage financier, nébuleux. Anticor a saisi la justice.
Le système de formations censé accompagner l’installation des nouveaux paysans favorise l’ordre établi, au détriment des profils non issus du milieu et d’une agriculture plus écologique.
Face à la colère des agriculteurs, le gouvernement met « en pause » le plan destiné à réduire l’usage de pesticides. Françoise Binet, du CNRS, explique que leur effet sur la biodiversité est pourtant tellement massif qu’« on en vient à se demander s’il y a des endroits sur Terre qui ne sont pas contaminés ».
Le numéro un mondial des produits laitiers, dénoncé par les producteurs pour leur maigre rémunération, a été la cible d’une série de perquisitions. La justice le soupçonne d’avoir fraudé pour éviter de payer plusieurs centaines de millions d’euros d’impôts.
Plus de deux semaines de mobilisation des agriculteurs : qu’ont-ils vraiment gagné ? N’est-ce pas l’écologie qui a perdu ? À quelles conditions une autre agriculture, plus juste, régulée, moins productiviste, serait-elle possible ? Débat sur le plateau d’« À l’air libre ».
Pour calmer la colère paysanne, Gabriel Attal a cédé aux revendications du syndicat agricole majoritaire, en particulier sur les normes et les pesticides. Une nouvelle cogestion se met en place, écartant les ministères de la transition écologique et de l’agriculture.
Le Lot-et-Garonne est à l’avant-poste de la colère agricole. Département agricole aux petites exploitations et aux 60 cultures, il incarne dans toute sa diversité une bataille idéologique autant qu’économique. Cinq agriculteurs et agricultrices témoignent.
Alors que la pêche française traverse une crise majeure, les regards se tournent vers un homme : le patron du puissant Comité national des pêches. Avec ses innombrables mandats, le Breton noyaute les instances représentatives, au détriment des pêcheurs de base.
Sophie Errante est allée cette semaine à la rencontre des manifestants ayant élu domicile sur un rond-point à quelques kilomètres de Nantes. La parlementaire Renaissance a tenté d’expliquer que rien ne se réglera d’un coup de baguette magique.
Le syndicat agricole majoritaire a obtenu de Gabriel Attal la mise sous tutelle de l’Office français de la biodiversité, et réclame toujours la fin de l’autonomie de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail sur les pesticides.
Dans une troisième intervention en moins d’une semaine, le premier ministre a annoncé une pause dans la réduction des pesticides. Bercy allège des impôts et promet le contrôle des chaînes de supermarchés. La FNSEA appelle à « rentrer dans les fermes ».
Les États-Unis n’ont jamais abandonné la politique de régulation pour leur agriculture, mise en place depuis le New Deal. Prix garantis et aides contracycliques restent les outils d’intervention pour protéger ce secteur toujours considéré comme stratégique.
La simplification administrative est l’une des revendications des agriculteurs. Les aides de la PAC, essentielles, s’accompagnent de contraintes de plus en plus complexes et de nombreux contrôles. Récits de deux éleveurs bio.
Alors que le gouvernement en avait fait une « ligne rouge » à ne pas franchir, des dizaines d’agriculteurs en colère ont tenté mercredi de pénétrer dans le marché de Rungis, en région parisienne, avant d’être aussitôt interpellés.