Maryse Condé est morte le 2 avril à l’âge de 90 ans. L’écrivaine guadeloupéenne, qui avait reçu en 2018 le prix Nobel alternatif, a porté dans son œuvre la mémoire de l’esclavage, mais a toujours résisté à la mythification du passé.
Quelques figures majeures de la scène littéraire française, parmi lesquelles Joseph Andras, Kaoutar Harchi, Nathalie Quintane ou Antoine Volodine, ont entrepris de se demander en cet hiver 2024 où en était la vieille question des rapports entre littérature et politique.
Dans un essai incandescent consacré au « gaslighting », cette technique de manipulation par le discours, Hélène Frappat revient aux origines de la notion : le film de George Cukor « Gaslight » devient la matrice de l’étude de « l’art de faire taire les femmes » et de ce qui nous arrive politiquement aujourd’hui.
La littérature d’auteurs et autrices trans et non binaires est-elle devenue une littérature comme les autres ? Si les nombreuses parutions de la rentrée lui donnent une visibilité littéraire certaine, reste que les récits montrent combien la visibilité des corps demeure problématique. Lectures de « Nevada » d’Imogen Binnie ; de « La Mauvaise Habitude » d’Alana S. Portero ; de « Hêtre pourpre » de Kim de l’Horizon, salué par des prix qui lui ont valu des attaques.
Le troisième roman de l’excellent écrivain québécois Kevin Lambert paraît en France. Le livre, en offrant le portrait d’une « starchitecte », fait éclater la violence politique et économique de notre monde. Il a suscité une polémique entre le premier ministre du Québec et son auteur.
Comment échapper, même des années plus tard, à l’empire de la violence exercée par un beau-père abuseur ? Dans un livre annoncé comme l’un des événements de la rentrée littéraire, l’autrice trace le plus beau des chemins de sortie : au pouvoir absolu que prétend exercer le violeur, il oppose la force d’une pensée contradictoire, l’intelligence de la discordance.
Il y a eu le mouvement #MeToo, la déferlante des nouvelles pensées féministes, queer. Et pourtant la littérature française rêve encore et toujours aux mêmes histoires d’amour, comme si les avancées de la théorie n’avaient rien changé. Petit tour d’horizon avec quatre romans de François Bégaudeau, Chloé Delaume, Aurélie Lacroix et Maria Pourchet.
Annie Ernaux vient de se voir décerner le prix Nobel de littérature, et il y a de quoi se réjouir. Mais que vient dire cette récompense d’une écrivaine qui déclare : « Ce que je veux détruire, c’est aussi la littérature » ?
Trois livres de la rentrée – un premier roman, « Jean-Luc et Jean-Claude », de Laurence Potte-Bonneville, et les seconds romans des jeunes auteurs David Lopez et Lucie Rico – peignent une France contemporaine déroutée.
Best-seller annoncé, le nouveau livre de Virginie Despentes déjoue les attentes, et c’est tant mieux. Un livre punk, féministe, à l’image de l’écrivaine. De quoi percuter l’époque, avec une vigueur combative.
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