Michaël Hajdenberg, né le 18 avril 1978, est journaliste à Mediapart, co-responsable du service Enquête. Auparavant, il a travaillé à Libération et à 20 minutes.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Nos révélations sur les suppléments de retraite cachés de certains sénateurs, leur assurant des pensions parfois supérieures à 10.000 euros par mois, choquent la CGT, SUD et la CFDT.
A 78 ans, le sénateur Jean-Pierre Cantegrit (UMP) veut rempiler le 25 septembre. Il règne sur la Caisse des Français de l'étranger, dont la Cour des comptes vient de dénoncer la gestion, et travaille pour le groupe Castel, un géant de la bière en Afrique.
On savait la retraite des sénateurs très avantageuse. Mediapart, qui s'est procuré le règlement de la Caisse des retraites du Sénat, a découvert que pour quelques dizaines d'entre eux, qui occupent des fonctions de dignitaires, elle est vertigineuse, certains sénateurs touchant au bout du compte plus de 10.000 euros de retraite. Le Sénat refuse de s'expliquer sur ce dispositif jusqu'à présent soigneusement dissimulé.
Pour la première fois, l'Assemblée nationale dévoile, dans une réponse à Mediapart, les bonus d'indemnité octroyés aux députés qui occupent, dans ses murs, des fonctions à responsabilité. Cette opération «transparence» ne doit rien au hasard. Elle survient après nos révélations sur les montants secrets des rallonges versées aux sénateurs.
François Sauvadet a présenté le 27 juillet un projet de loi censé permettre de traiter les conflits d'intérêts. Le ministre de la fonction publique sait (ou ne sait pas) de quoi il parle: Mediapart a découvert que, pendant des années, il a présidé une société de courses de chevaux tout en étant député. L'hippodrome construit dans sa petite ville de Bourgogne aura au moins profité à toute sa famille.
En quelques jours, le gouvernement a présenté deux projets de loi pour lutter contre les conflits d'intérêts: l'un fait suite au scandale du Mediator, l'autre à l'affaire Woerth. Mediapart a comparé le régime réservé aux experts sanitaires d'un côté, aux ministres et à leurs conseillers de l'autre. Révélateur.
S'il est de notoriété publique que le président du Sénat bénéficie d'un bonus d'indemnité, associé à sa fonction, une quarantaine de sénateurs haut placés touchent aussi un complément de revenu. Dans la plus grande opacité. D'après des documents que nous nous sommes procurés, ces rallonges coûtent plus d'un million d'euros par an au Palais du Luxembourg.
Pierre Giacometti et Patrick Buisson ont vu leurs contrats de conseils en communication avec l'Elysée modifiés. Mais au vu du rapport annuel de la Cour des comptes sur la présidence de la République, les coûts restent importants, et l'opacité de mise.
Outre des notes de frais injustifiées et un faux communiqué rédigé au nom de Gérard Larcher, le questeur Jean-Marc Pastor se voit reprocher dans son village du Tarn, en dépit du classement sans suite d'une plainte, d'avoir fait voter illégalement des membres de sa famille lors de différents scrutins.
Affolé par les révélations de Mediapart sur le train de vie des questeurs, des factures douteuses ou les rémunérations des membres du cabinet du président, le Sénat a déposé plainte pour vol de documents. L'enjeu: intimider nos sources.
Des notes de frais injustifiées et un faux communiqué diffusé au nom du président du Sénat ne choquent pas le PS, quand il s'agit d'un de ses sénateurs. Jean-Marc Pastor devrait conserver son poste de questeur jusqu'aux élections sénatoriales de septembre.
Les sénateurs ont annulé mardi leur «prime exceptionnelle» de 3.531 euros, touchée en juin. Mais en réalité, elle leur a été versée quasiment chaque année. Avant l'affaire Pastor, personne ne s'en était offusqué.
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Les délires de Gérard Darmon, on pouvait en rire. Mais samedi soir, face à Laurent Ruquier, c’est le ministre de la justice Éric Dupond-Moretti qui a multiplié les mensonges sur Mediapart. Sans être contredit.
« Les vacances de Jean-Michel Blanquer à Ibiza... Est-ce que c’est d’importance primordiale ? », demande Laurent Ruquier à Edwy Plenel sur France 2. Comme si la communication catastrophique d'un ministre n'était pas d'intérêt public. Comme si nous préférions que ce soit cette information plutôt qu'une autre de nos révélations qui fasse événement.
Il y a les enquêtes. Et il y a les arrières cuisines. Ce qu’on donne à voir. Et ce qu’on ne raconte que rarement. Comment se conçoit l’information ? C'est l'objet de notre Lettre hebdomadaire du samedi.
Entre un ministre qui pense que des trafiquants de stups gagnent 100 000 euros par jour et des élus s’imaginant trop désirables pour être soupçonnés de viol, on ne sait plus qui récompenser. A vous de décider.
Nous ne parlons jamais des enquêtes que nous ne publions pas. Mais pour une fois, le travail réalisé par « Envoyé spécial » sur Nicolas Hulot nous en donne l’occasion. Combien de fois, depuis quatre ans, avons-nous été interpellés sur les possibles agressions sexuelles de l’ancien ministre ?