La sévère leçon de choses de Jean-Louis Giovannoni

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Connu surtout comme poète, Jean-Louis Giovannoni livre dans Sous le seuil des tableaux saisissants sur la façon dont le monde naturel réputé le plus nuisible pourrait nous restituer à nous-mêmes.

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Si nombre de poètes “passent” au roman, rien de tel chez Jean-Louis Giovannoni. Comme poète, notamment dans des livres tels que Garder le mort (1975) ou Les mots sont des vêtements endormis (1983), toute tentative de classement par genres littéraires le concernant aurait déjà été bien embarrassante. Bernard Noël (le poète de L’Oiseau de craie ou de Grand Arbre blanc) ne s’y est pas trompé, qui a accueilli ses premiers « écrits fragmentaires » comme tels, en y reconnaissant la marque de cette « expérience intérieure » qu’il inscrit très exactement au revers de toute action humaine. C’est donc tous genres confondus que Jean-Louis Giovannoni en est venu à adopter d’autres formes d’écriture, qu’il a lui-même décrites comme des « romans intérieurs ». Son tout dernier récit, Sous le seuil, délivre ainsi une confondante leçon de choses, où l’artifice de la création s’efface devant les forces naturelles du monde.