Jean Meckert, homme de mots et de coups

Jean Meckert serait aujourd’hui presque totalement inconnu sans le travail des éditions Joëlle Losfeld, qui ont réédité dix ans après sa mort six titres de cet écrivain prolifique. Prolétaire et fier de l’être, anar de conviction de cœur et de vie, Meckert n’a pas perdu une ride.

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À la fin du mois d’août 1939, l’estimable Georges Duhamel, médecin et écrivain, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, membre de l’Académie française et de l’Académie de médecine reçoit une lettre. Si l’on s’autorise à la citer longuement, c’est qu’elle va lancer la carrière d’un écrivain venu de nulle part, sans relations ni connaissances, un prolétaire de la plume, antithèse absolue d’un Georges Duhamel : un certain Jean Meckert qui décédera en 1995 en ayant publié chez Gallimard plus de trente livres, sans parler de tous ceux que la maison de la rue Sébastien-Bottin (aujourd’hui rue Gaston-Gallimard) aura refusés.