« Tomino la maudite » ou la fabrique du monstre japonais

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Un maître du manga macabre décrit une société à la dérive à travers les yeux de deux enfants qui vivent dans une baraque de phénomènes de foire. On pourrait avoir envie de détourner les yeux. Ce serait passer à côté d’une œuvre radicale mais empreinte de grâce et hantée par les figures religieuses.

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Le manga peut faire peur. À cause de la violence et des monstres que l’on peut y croiser, ou plus prosaïquement parce que l’infinité des sous-genres ou la profusion des tomes de certaines séries peuvent rebuter le néophyte anxieux. Pourtant, la bande dessinée japonaise offre de nombreuses œuvres captivantes, dont beaucoup au graphisme complexe et à l’histoire sensible. Les deux tomes de Tomino la maudite sont de ces joyaux-là, à la dureté du diamant, façonné bien sûr, mais qui garde sa noirceur brute.