Roger Vailland (1/3) : Un aristocrate communiste

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Écrivain et journaliste, bolchevik, libertin et héroïnomane, Roger Vailland (1907-1965) fit son retour en librairie avril dernier, avec la sortie d'un recueil de ses articles, Sacré Métier ! Pourtant, il eût été opportun de se souvenir, peu après les attentats de janvier, qu'il fut aussi un des rares écrivains du XXe siècle à se situer explicitement en héritier des Lumières. Portrait en trois volets d'un écrivain majeur du siècle dernier.

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« Alcoolique et intoxiqué par l'usage des stupéfiants, il est, en privé, peu favorablement représenté », écrivaient les Renseignements généraux dans une note du 29 juillet 1952 consacrée au journaliste et écrivain Roger Vailland (1907-1965). Nul doute que l'intéressé eût été flatté de ce portrait. Mais si la police surveillait Vailland, listant méticuleusement ses fréquentations communistes, plus grand-monde, il faut bien l'avouer, ne s'intéresse aujourd'hui à lui. Ses romans et essais, qui restent édités du fait de l'obstiné travail de son ayant droit, Marie-Noël Rio, ne se vendent qu'à quelques dizaines d'exemplaires par an. Il suffit de se rendre chez n'importe quel bouquiniste pour trouver un exemplaire de son roman 325 000 francs (un de ses plus gros succès) attendant preneur, on se demande depuis combien d'années. Les rares moins de soixante ans qui le connaissent ne voient souvent en lui, au mieux et au choix, qu'un épouvantable bolchevik ou un détestable libertin, quelque part entre Joseph Staline et Dominique Strauss-Kahn. Bien à tort, entend-on prouver dans cette série de trois articles. Plaidoyer pour (re)découvrir Vailland, écrivain majeur du siècle passé.