Edith Thomas (2/3). Deux journaux intimes pour une femme

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Entre octobre 1940 et mai 1941, la journaliste, poète, historienne et dramaturge tient deux journaux : le sien qui est essentiellement consacré à ses réflexions sur l’actualité ; et celui de Célestin Costedet, personnage fictif admirateur de Pétain.

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Les journaux tenus durant la Seconde Guerre mondiale en France sont légion. Que leurs auteurs aient été des écrivains célèbres ou des anonymes, des militants engagés comme des indifférents à la politique, ils ont été publiés par dizaines tant ils offrent aux curieux d'histoire une fenêtre sur le ressenti, par ceux qui les vécurent, de ces années d'Occupation, en une époque qui ignorait le sondage d'opinion. De ce vaste corpus, le journal d'Édith Thomas (Pages de journal 1939-1944, présenté par Dorothy Kaufmann, Viviane Hamy, 1995) se distingue par sa schizophrénie joyeuse, sa biphonie assumée. Édith Thomas tient en effet, d'octobre 1940 à mai 1941, deux journaux : le sien, dans le prolongement de celui qu'elle tenait depuis 1931 et qui consacre, à partir de 1939, l'essentiel de ses pages à des observations et des réflexions sur l'actualité ; et celui de Célestin Costedet, personnage issu de son imagination, tout aussi fervent admirateur du régime pétainiste qu'Édith Thomas en fut dès les premiers jours une adversaire résolue.