Régie France Télévisions: une privatisation entachée d’une grave irrégularité

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La procédure de privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions est entachée d'une grave irrégularité. Selon notre enquête, Alain Minc, qui conseille le chef de l'Etat et dont l'implication dans ce dossier est connue, est aussi le conseil de Stéphane Courbit, qui a été choisi officiellement ce mercredi pour l'acquisition de ce bien public. M. Minc détient des actions gratuites du groupe de son client, Financière Lov, à hauteur de près de 3% du capital. Le groupe Lagardère demande, lui, le report de la privatisation. Enquête.

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Le groupe public France Télévisions a tenu ce mercredi un conseil d'administration et a décidé d'entrer en négociations exclusives pour la cession de 70% de sa régie publicitaire, France Télévisions Publicité (FTP) à l'homme d'affaires Stéphane Courbit, allié à Publicis. Cette décision risque de déclencer une très vive polémique compte tenu du rôle joué dans cette affaire par Alain Minc. Mediapart a déjà révélé qu'Alain Minc, qui a pesé dans le dossier de France Télévisions, est aussi le conseil de celui qui va mettre la main sur cette société publique. Nous disposons désormais d'informations encore plus précises. Elles établissent qu'Alain Minc a bénéficié d'un plan d'attribution d'actions gratuites en janvier 2008 versé par Financière Lov, la holding personnelle de Stéphane Courbit, pour un montant équivalent à près de 3% du capital de cette société. Pour remplir les conditions légales d'attribution de ces actions gratuites, un contrat de travail a été établi par la société à son nom, avec une fonction qui pourrait être celle de Directeur de la stratégie.