Karachi, l’affaire d’Etat qui devait rester secrète

Par et

À partir de ce lundi, les responsables présumés des détournements de fonds opérés sur les ventes d’armes du gouvernement Balladur comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. 173 millions d’euros sont sortis des caisses de l’État et de ses sociétés d’armement au profit d’intermédiaires amis qui organisaient des retours en espèces en France.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Quoi qu’il arrive, les magistrats du tribunal correctionnel de Paris qui vont examiner à partir de ce lundi et jusqu’au 30 octobre le volet financier de l’affaire Karachi ont entre les mains un procès historique. Un procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Les faits poursuivis, qui constituent une gigantesque fraude sur les marchés d’armement français, ont été connus et couverts en temps réel par l’appareil d’État, puis par deux présidents de la République successifs – Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy – et par une demi-douzaine de gouvernements, y compris celui de Lionel Jospin, sans jamais avoir été dénoncés à la justice.