Tariq Ramadan, enquête sur un épouvantail (1/5)

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Tous les deux ou trois ans, la France a son spasme Ramadan. Depuis 1995, il est honni par une grande partie de l’establishment français qui le soupçonne de communautarisme et d'islamisme radical. L’inclassable Tariq Ramadan va demander la nationalité française. L'initiative pourrait encore déclencher les passions. Premier volet de notre enquête en cinq parties sur cet intellectuel contesté.

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A peine entré dans le hall d'un hôtel parisien sur la place de la République, Tariq Ramadan attire une poignée de fans arabes et noirs qui réclament des selfies. Il se laisse faire, sourire résigné. Les autres clients ne le remarquent pas. Depuis vingt ans, l'intellectuel suisse, aussi honni que « vu à la télé », est suivi par un public fidèle. Le 4 février, il a annoncé sur Facebook son souhait de demander la nationalité française. Il a depuis entamé les démarches auprès de l'ambassade de France à Londres, où il réside, et va solliciter un avocat pour appuyer son dossier.