Alain: «Oui, il y a du racket, des passeurs. Mais sans nous, ça serait pire»

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Dans la région de Calais ou celle de Vintimille, de nombreux Français aident les réfugiés. Aujourd'hui, rencontre vidéo avec Alain Cazier, à Norrent-Fontes, qui s'est acheté un fourgon pour accompagner les migrants aux courses, aux douches.

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Alain Cazier vient tous les jours au camp de Norrent-Fontes, dans le Pas-de-Calais. Ancien syndicaliste dans une usine sidérurgique, il s’est acheté un fourgon avec une dizaine de places pour pouvoir accompagner les migrants aux douches, leur apporter la nourriture qu’il récupère dans les supermarchés, etc. Il n'est pas dupe du système mafieux qui entoure parfois les migrants, mais « si on ne vient pas, ils se feront encore plus racketter ! Mon combat, c'est que ces personnes soient le moins possible en situation de danger ».
Alain : " Oui, il y a du racket, des passeurs. Mais sans nous, ça serait pire "Migrant Artinian 3 © Mediapart

À proximité de Calais, chaque aire de stationnement le long de l’autoroute suscite un camp. À la nuit tombée, Éthiopiens, Érythréens ou Soudanais tentent leur chance pour l’Angleterre en montant subrepticement dans des camions, dont les chauffeurs dorment à l’avant. Si les conditions de vie ne sont guère enviables, le camp de Norrent-Fontes reste malgré tout relativement sécurisé, ce qui explique la forte présence féminine. De taille restreinte, tout au plus quelques centaines de personnes, contre quelque 3 000 aujourd'hui dans la jungle de Calais, il est pris en charge par l’association locale “Terre d’errance” à laquelle appartiennent Marie-Claire Ringot, Alain Cazier et Nathalie Perlin.

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