Villejuif, enquête sur une folie enfermée à double tour

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Après le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie en décembre 2008, Mediapart a voulu savoir dans quelles conditions étaient enfermés les malades mentaux considérés comme dangereux pour la société. Nous avons été autorisés à entrer dans l'unité pour malades difficiles (UMD) de l'hôpital Paul-Guiraud, à Villejuif. Nous y avons découvert un univers clos, où l'arbitraire règne souvent. Camisoles, ceintures de force et électrochocs sont utilisés. Au pavillon 38, où débarquent les nouveaux arrivants en état de crise aiguë, l'objectif énoncé par la chef-psychiatre est qu'«ils n'aient pas envie de revenir». Au cours des dix dernières années, des exemples de maltraitance nous ont été signalés par d'anciens infirmiers.

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L'hôpital psychiatrique Paul-Guiraud, à Villejuif dans le Val-de-Marne, conserve l'allure de l'hospice d'aliénés qu'il fut lors de sa création à la fin du XIXe siècle. Imposantes bâtisses en pierres, allées de platanes, pelouses encadrées de buis, sensation de silence et d'espace sous contrôle. Ses portes s'ouvrent sur un monde clos. Au fin fond du parc, se trouve l'unité pour malades difficiles (UMD) Henri-Colin, quatre pavillons entourés de murs rehaussés de parois obliques.